Attentats déjoués à Paris: L'enquête révèle comment s'est formé le commando de femmes

ENQUETE Les trois femmes ont été pilotés par Rachid Kassim depuis la Syrie...

C. A.

— 

La jeune femme de 19 ans a été interpellée jeudi soir avec deux complices à Boussy-Saint-Antoine dans l'Essonne.

La jeune femme de 19 ans a été interpellée jeudi soir avec deux complices à Boussy-Saint-Antoine dans l'Essonne. — GEOFFROY VAN DER HASSELT

Trois femmes de 19, 23 et 39 ans, soupçonnées d’avoir projeté un attentat, ont été arrêtées le 8 septembre dans un appartement de la Grange-aux-Belles, à Boussy-Saint-Antoine, dans l’EssonneLe Parisien revient ce mardi sur l’enquête et comme le trio de femmes s’est constitué.

C’est sur les recommandations du propagandiste de Daesh Rachid Kassim que Sarah Hervouët, femme de ménage dans un hôpital psychiatrique de Cogolin (Var), rencontre Inès Madani, originaire de Tremblay-en-France (Seine-Saint- Denis) et la logeuse de l’équipe, Amel Sakaou, 39 ans, ancienne responsable sécurité dans un centre commercial proche de la Grange-aux-Belles.

>> A lire aussi : A Boussy, où vivait l'une des trois suspectes, les voisins n'en reviennent pas

Un trio piloté depuis la Syrie

Quelques jours avant d’être arrêtée, Sarah Hervouët devait s’en prendre au maire de Cogolin (Var), pour toucher « en plein cœur le gouvernement français », explique Le Parisien. Son mentor lui conseille également d’acheter « un pistolet en plastique et des pétards » pour attaquer un lieu public ou une banque et créer la panique.

Après un repérage des lieux, la jeune femme fait machine arrière. « Je ne le sentais pas du tout, je ne voulais pas casser la vie sociale de ma mère et le faire là où j’habite », explique-t-elle en garde à vue, indiquant toutefois avoir voulu « mourir en martyr ».

>> A lire aussi : Le compagnon d'une des suspectes, connu pour islamisme radical, arrêté

Le 7 septembre au matin, Rachid Kassim l’invite alors à rejoindre la capitale pour rencontrer Inès et Amel, qui ont également pour projet de commettre une attaque terroriste. Inès est d’ailleurs déjà recherchée depuis le 4 septembre pour avoir participé à un projet d’attentat à la voiture piégée en plein cœur de Paris. La Peugeot 607 du père d’Inès, qu’elle a volée, est stationnée avec six bonbonnes de gaz et deux bidons d’essence à deux pas de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Déterminées jusqu’au bout

C’est grâce à la géolocalisation du téléphone portable de la jeune fille de 19 ans que les enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) vont mettre la main sur les trois femmes, alors qu’Inès et Amel évoquaient le projet de s’en « prendre à une synagogue ».

Le 8 septembre, vers 19 heures, la fille aînée d’Amel Sakaou, âgée de 16 ans, indique au trio qu’il y « a plein de flics à la gare ». Les trois femmes sortent de leur planque et deux d’entre elles attaquent les policiers. Sarah Hervouët poignarde un policier de la DGSI tandis qu’Inès Madani est blessée lorsqu’elle a voulu à son tour s’en prendre à un policier avec un couteau.