Souffrance animale: Les députés proposent une vidéosurveillance obligatoire dans les abattoirs

ANIMAUX La commission avait vu le jour après la diffusion par l’association L214 de vidéos choc…

C. A. avec AFP

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Certains abattoirs maltraitent les animaux.

Certains abattoirs maltraitent les animaux. — JOSEPH EID / AFP

Des canetons broyés, des bovins ou des porcs saignés alors qu’ils bougent encore, un agneau écartelé vivant… Ces images de souffrance animale dans des abattoirs avaient choqué l’opinion publique mais aussi la classe politique.

Ces images avaient conduit à la création d’une commission d’enquête parlementaire qui s’était réunie pendant trois mois au printemps avant de dévoiler ses propositions ce mardi.

La vidéosurveillance préconisée

Parmi les 65 mesures dévoilées pour augmenter la transparence sur l’abattage, le rapport de la commission préconise une vidéosurveillance obligatoire. La commission propose également la création d’un comité national d’éthique des abattoirs et l’augmentation du recrutement de vétérinaires pour améliorer le fonctionnement des abattoirs.

Selon BFMTV, les caméras seraient installées uniquement dans les salles où les animaux sont vivants et manipulés. Cette vidéosurveillance serait encadrée par la Cnil, la commission nationale de l’informatique et des libertés, souligne la chaîne sur son site internet.

Toutefois, seuls la direction des abattoirs et les services vétérinaires pourraient avoir accès aux images de ces caméras afin d’éviter tout problème de confidentialité des salariés.

Un étourdissement préalable à l’égorgement encouragé

La commission d’enquête parlementaire encourage également la pratique d’un étourdissement préalable à l’égorgement qui puisse être compatible avec les méthodes d’abattage rituel des cultes juif et musulman.

Dans son rapport, la commission a proposé mardi d’introduire dans le Code rural la notion d'« étourdissement réversible » préalable à l’égorgement rituel. Cette technique qui permet de faire perdre conscience momentanément à l’animal permettrait, selon les députés, de respecter l’abattage rituel qui interdit l’égorgement d’animaux morts.

L’association L214, qui milite pour le bien-être animal, a lancé ce mardi une pétition demandant purement et simplement au gouvernement « d’interdire l’abattage des animaux sans étourdissement préalable ».

L214 à l’origine des vidéos chocs

En quelques mois, L214 a publié sept vidéos, tournées en caméra cachée dans des abattoirs français : ces images, souvent insoutenables, d’animaux en grande souffrance, ont conduit des abattoirs à fermer, au moins provisoirement, et à être condamnés pour « mauvais traitement envers un animal ».

>> A lire aussi : Qui est L214, l’association qui a diffusé les images des abattoirs du Vigan et d’Alès?

Des contrôles menés par l’administration, après ces vidéos chocs, ont montré des manquements graves sur 5 % des lignes d’abattage de 259 abattoirs français inspectés (sur 263) au mois d’avril. Trois établissements avaient été fermés.

Ces images ont surtout suscité un émoi tel qu’une commission d’enquête parlementaire a été créée, multipliant pendant trois mois les auditions de ministres, dirigeants d’abattoirs, vétérinaires, membres de l’administration, syndicalistes agricoles, dignitaires religieux, chercheurs et représentants d’associations de défense des animaux pour déterminer ce qui peut être amélioré.