Terrorisme: Les victimes ont été entendues, le système d'indemnisation va être réformé

TERRORISME Lors de la cérémonie d’hommage national aux victimes du terrorisme, François Hollande a annoncé ce lundi une réforme du Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme...

Laure Cometti

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François Hollande à la cérémonie d'hommage national aux victimes du terrorisme, le 19 septembre 2016 à Paris.

François Hollande à la cérémonie d'hommage national aux victimes du terrorisme, le 19 septembre 2016 à Paris. — Michel Euler/AP/SIPA

Un meilleur système d’indemnisation des victimes. C’était l’une des revendications des rescapés d’attentats et des proches de tués. Elle a, semble-t-il, été entendue. Lors de la cérémonie d’hommage national aux victimes du terrorisme, le Président François Hollande a annoncé ce lundi une réforme du Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme ( FGTI).

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Lors de cet hommage rendu dans le jardin de l’hôtel national des Invalides, à Paris, autour de la statue dite de « la parole portée », François Hollande a rendu hommage aux victimes et il a salué le travail des associations. Le FGTI est issu du Fonds Terrorisme, créé en 1986 sous l’impulsion d’associations de victimes, dont SOS Attentats.

Les ressources du fonds « seront revues »

Devant des centaines de personnes, le Président a déclaré que ce fonds, « créé il y a 30 ans », ne pouvait « plus rester en l’état » et que « son fonctionnement et ses règles seront réformés ». « Le terrorisme a changé de dimension », a insisté François Hollande, qui a précisé que le système d’indemnisation sera réformé et que ses ressources « seront revues ».

Le chef de l’Etat, qui s’est exprimé à la fin de la cérémonie, a ajouté que l'« Etat se portera garant dans la durée » du fonds, souhaitant à l’avenir une indemnisation « juste » et « transparente ». « Il faut humaniser l’aide aux victimes », a-t-il lancé.

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« Ça montre que l’Etat ne nous oublie pas »

Cette annonce a été accueillie favorablement par les victimes interrogées par 20 Minutes à l’issue de la cérémonie. « Ça bouge sur un certain nombre de sujets qui sont importants pour nous », salue Alexis Lebrun, rescapé de l’attentat du Bataclan et porte-parole de l’association Life for Paris, qui apprécie également que le Président ait évoqué « la reconnaissance des blessures psychiques et la pérennisation de la structure d’aide aux victimes ».

« Ça montre qu’on existe, que l’Etat ne nous oublie pas, ça fait du bien », souffle Romain Baron, blessé lors de l’attentat du 19 août 2003 contre l’ONU à Bagdad. « L’attente des victimes, c’est avant tout d’être écoutées, plus que des médailles ou des indemnités », rappelle Samia Maktouf, avocate de plusieurs victimes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, dont certaines ont décidé de porter plainte contre l’Etat, estimant que de « graves dysfonctionnements » des services de l’État, et notamment des renseignements français, sont à déplorer.

« Le fonds fonctionne comme une mauvaise assurance »

Guillaume Denoix de Saint Marc se dit « très heureux » de cette future réforme. « A l’heure actuelle, le fonds ressemble trop à une assurance, et je dirais même une mauvaise assurance, avec en plus la froideur d’une administration, déplore auprès de 20 Minutes le porte-parole de l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT). En tant qu’association, nous prévenons les victimes de ce rapport de force. Elles doivent prouver le préjudice, se faire aider d’un avocat, montrer les dents, demander, quémander, c’est très humiliant. »

Le FGTI, actuellement financé par chaque citoyen français qui souscrit une assurance, ne manque pourtant pas de ressources, selon Guillaume Denoix de Saint Marc. Ce dernier espère qu’à l’avenir, les associations de victimes seront impliquées dans le système d’indemnisation des victimes.