Prison d'Osny: Quatre détenus de l'unité de déradicalisation transférés après des «menaces»

PRISON L'incident intervient deux semaines après l'agression de deux surveillants dans la même unité...

20 Minutes avec AFP

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Un gardien de prison ouvre une cellule aux Baumettes à Marseille (illustration).

Un gardien de prison ouvre une cellule aux Baumettes à Marseille (illustration). — Anne-Christine Poujoulat AFP

Un incident qui « montre une fois de plus les limites » des unités de déradicalisation, déplore le délégué pénitentiaire FO Jérôme Nobecourt. Quatre détenus de la prison d’Osny, dans le Val-d’Oise, ont été transférés dans d’autres établissements après « des menaces », à peine deux semaines après l’agression de deux surveillants dans la même unité, a-t-on appris samedi auprès de la Chancellerie.

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« C’est pour nous la preuve de l’utilité du renseignement pénitentiaire et des mesures de sécurisation qui ont été suivies », a affirmé le ministère, confirmant une information de Franceinfo. « Il y avait des soupçons comme quoi ces quatre détenus pouvaient porter gravement atteinte à la sécurité de l’établissement », a indiqué Jérôme Nobecourt, précisant qu’ils avaient été placés à l’isolement dans d’autres prisons d’Ile-de-France. « Nous sommes favorables à des établissements spécialisés, avec du personnel formé et des moyens suffisants », a-t-il ajouté.

« La peur s’est installée »

Depuis l’assassinat à Magnanville le 13 juin d’un policier et de sa compagne par Larossi Abballa et son appel à tuer des surveillants de prison, « la peur s’est installée », a encore dit Jérôme Nobecourt, précisant que les surveillants de la Mavo (Maison d’arrêt du Val-d’Oise) manifesteraient lundi dès 6h pour réclamer du personnel supplémentaire.

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Le 4 septembre, un détenu radicalisé avait violemment agressé deux surveillants pénitentiaires à Osny. Bilal Taghi, 24 ans, a été mis en examen pour « tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

Par ailleurs, le 13 septembre, une mutinerie d’une cinquantaine de détenus pendant près de six heures dans le centre de détention de Vivonne (Vienne) avait nécessité l’intervention des forces spécialisées. L’incident n’avait pas fait de blessés.