Le 6 juin 2012. Prostitution illustration/ PHOTO : V. WARTNER / 20 MINUTES
Le 6 juin 2012. Prostitution illustration/ PHOTO : V. WARTNER / 20 MINUTES - V. WARTNER / 20 MINUTES

L’enquête aura duré plus d’un an. Lancées au début de l’été 2015, les investigations menées conjointement par l’OCRET (Office central pour la répression de la traite des êtres humains) et l’OCREST (Office central pour la répression de l’immigration irrégulière et l’emploi d’étrangers sans titre) ont abouti, ce mardi, à l’interpellation de 17 personnes, toutes membres d’un réseau international de passeurs et de prostitution.

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Les foyers de jeunes travailleurs utilisés par le réseau 

Les victimes avaient entre 18 et 25 ans. Exploitées par des passeurs puis prostituées de force en région parisienne et Metz, la trentaine de jeunes femmes nigérianes victimes de ce réseau ont été prises en charge depuis par des associations spécialisées. Passées par le Niger, la Libye puis l’Italie, les prostituées s’endettaient à hauteur de 40.000 à 50.000 euros auprès de leurs exploitants. Installées à Metz, à Paris ou en banlieue parisienne, elles étaient « mises à disposition de Mama ou Madames, la prostitution nigériane étant majoritairement gérée par des femmes », précise à 20 Minutes Jean-Marc Droguet, chef de l’OCRET. Les hommes, eux, étaient chargés du recrutement et de l’arrivée illégale de ces jeunes femmes.

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« Logées » sur les lieux même de prostitution (bois de Boulogne, bois de Vincennes…), certaines Nigérianes auraient également été exploitées au sein de foyers de jeunes travailleurs de la région parisienne, « à l’insu des directeurs d’établissements », précise le commissaire divisionnaire. « Une première », confie Jean-Marc Droguet. « Elles rentraient dans le foyer, louaient une chambre à un résidant qui servait par la suite de lieu de prostitution l’espace d’une nuit », ajoute-t-il. Autre particularité du dossier, les tarifs « extrêmement bas » imposés par le réseau aux victimes : « Les prestations pouvaient être facturées 5 euros », déplore le chef de l’OCRET.

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Les 17 membres du réseau sont en cours de mise en examen, aucun directeur des foyers de jeunes travailleurs impliqués dans les investigations n’a été interpellé, aucun élément faisant état d’une quelconque complicité ou connivence n’a pu être établi par les enquêteurs.

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