Mort d'Adama Traoré: La famille réclame la prison pour les gendarmes

JUSTICE La famille d’Adama Traoré, mort le 19 juillet au cours de son interpellation, organisait samedi un repas en plein air, dans une ambiance familiale…

20 Minutes avec AFP

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Un portrait d'Adama Traoré déployé le 30 juillet à Paris en hommage au jeune homme mort lors de son interpellation le 19 juillet 2016, dans le Val-d'Oise.

Un portrait d'Adama Traoré déployé le 30 juillet à Paris en hommage au jeune homme mort lors de son interpellation le 19 juillet 2016, dans le Val-d'Oise. — DOMINIQUE FAGET / AFP

« Les gendarmes, on veut qu’ils aillent en prison », a lancé sa sœur. Les gendarmes qui ont arrêté Adama Traoré, mort le 19 juillet au cours de son interpellation, doivent être « mis en examen le plus rapidement possible » et écroués, ont soutenu des membres de sa famille devant la presse samedi. « On veut absolument que les gendarmes soient mis en examen le plus rapidement possible », a déclaré un des frères d’Adama, Lassana Traoré.

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La famille organisait samedi un repas en plein air, dans une ambiance familiale, au coeur du quartier Boyenval de la commune de Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise), où Adama Traoré a grandi. Quelque 200 personnes étaient présentes, a constaté une journaliste de l’AFP, dont beaucoup avaient revêtu le t-shirt au message devenu rituel : « Justice pour Adama. Sans justice vous n’aurez jamais la paix. »

Une « bavure » ?

Adama Traoré est mort le jour de ses 24 ans, le 19 juillet, alors qu’il venait d’être arrêté par les gendarmes lors d’une opération qui visait son frère Bagui, suspecté d’extorsion de fonds.Deux autopsies n’ont pas relevé de traces de violences sur le corps du jeune homme, ni permis d’expliquer son décès. Des résultats d’analyses sont encore attendus.

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Immédiatement qualifié de « bavure » par son entourage, son décès avait entraîné plusieurs nuits de violences à Beaumont-sur-Oise et dans les communes voisines, marquées par des tirs contre les forces de l’ordre et des véhicules incendiés. Samedi, une centaine de gendarmes étaient mobilisés pour « encadrer à distance » le rassemblement, selon la préfecture du Val-d’Oise.

Les autorités craignent notamment la réaction d’habitants « traumatisés » par les violences de cet été.

Le dépaysement de l’affaire demandé

La famille d’Adama Traoré, critique à l’égard de la conduite de l’enquête et de la communication du procureur de Pontoise, a demandé le dépaysement de l’affaire. La Cour de cassation a été saisie. Lassana Traoré a dit attendre « avec impatience » la décision de la Cour afin que l’affaire soit reprise « honnêtement et sereinement ».

Il a prévenu que la famille était prête à organiser « un maximum d’événements » pour faire entendre sa voix et « combattre la violence » des méthodes d’interpellation. La mère d’Adama Traoré, Oumou, a remercié le président malien Ibrahim Boubacar Keïta de l’avoir reçue au Mali, où son fils a été enterré, pour lui présenter ses condoléances. « Ca nous a beaucoup touchés », a-t-elle déclaré. Avant de lancer un avertissement aux gendarmes : « Adama va les suivre jusque dans leur tombe. »