Rentrée scolaire: La promesse de créer 60.000 postes dans l'éducation sera-t-elle tenue?

EDUCATION Najat Vallaud-Belkacem a assuré ce lundi que l’objectif présidentiel serait respecté d’ici à 2017, ce dont doutent plusieurs syndicats d’enseignants…

Delphine Bancaud

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Najat Vallaud-Belkacem, lors de sa conférence de presse de rentrée, le 29/08/2016. Credit:WITT/SIPA

Najat Vallaud-Belkacem, lors de sa conférence de presse de rentrée, le 29/08/2016. Credit:WITT/SIPA — SIPA

L’heure des comptes a sonné. Najat Vallaud-Belkacem a tenu ce lundi sa dernière conférence de presse de rentrée en tant que ministre de l’Education. L’occasion pour elle de faire le bilan des mesures prises dans le domaine pendant le quinquennat, dont certaines répondaient aux promesses du candidat Hollande lors de sa campagne de 2012. La plus importante était de créer 60.000 postes dans l’Education à l’horizon 2017, dont 54.000 dans l’éducation nationale (le reste concernant l’enseignement agricole et le supérieur).

Bilan des courses : dans l’Education nationale, 42.3338 postes ont été créés depuis 2012, dont 10.711 lors de cette rentrée. Dans le détail, 19.328 enseignants ont été recrutés en maternelle et primaire dans le public, 17.049 dans le secondaire public, 3.753 dans le privé (tous niveaux confondus) et 2.208 personnels dédiés à la « vie de l’élève » (infirmiers, assistants de service social, accompagnants d’élèves en situation d’handicap…).

11.662 postes à créer pour la rentrée 2017

Du coup, pour arriver aux 54.000 postes promis dans l’Education nationale, il faudra encore recruter 11.662 personnes pour la rentrée 2017. Un défi qui sera relevé selon Najat Vallaud-Belkacem : « Ce sera, avec la rentrée 2017, en comptant l’enseignement supérieur et l’enseignement agricole, les 60 000 postes annoncés par le Président de la République qui auront été bel et bien tenus », a-t-elle affirmé. D’autant que le financement de ces postes est assuré par l’effort budgétaire envisagé : ainsi le projet de loi de finances pour 2017 prévoit d’augmenter les moyens du ministère de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur, avec un budget qui s'élèvera à plus de 2 milliards d’euros.

Un optimisme qui n’est pas partagé par certains syndicats enseignants. « On n’arrivera pas à créer 12.000 postes en 2017, sauf à comptabiliser les emplois d’assistants d’éducation, ce qui ne se faisait pas auparavant. On craint clairement un tour de passe-passe », a indiqué vendredi Frédérique Rolet, la secrétaire générale du Snes, premier syndicat des enseignants dans le secondaire. Même inquiétude chez Francette Popineau, secrétaire générale du SNUipp-FSU : « Dans le premier degré, il faudrait encore créer 7.500 postes en 2017 pour arriver aux objectifs présidentiels. La marche paraît bien haute pour la dernière rentrée préparée par la gauche », indique-t-elle à 20 minutes.

Y aura-t-il suffisamment de candidats ?

Plus circonspect, Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa, estime que la création de 12.000 postes est réalisable « car on est sur le même étiage que cette année », explique-t-il à 20 minutes. Mais s’il ne doute pas de la volonté du gouvernement à honorer sa parole, il estime cependant qu’il lui sera difficile de pourvoir tous les postes envisagés. « Dans le secondaire, dans certaines disciplines comme les maths, l’anglais, l’allemand et lettres modernes, on risque de ne pas avoir un vivier de candidats suffisant. Et concernant le premier degré, il n’est pas sûr que l’ académie de Créteil, qui a toujours du mal à attirer des candidats, fasse le plein », explique-t-il. Christian Chevalier doute que le ministère arrive à bien à créer 54.000 postes. « Il se peut qu’il y en ait un millier de moins », estime-t-il.

Une chose est sûre : les syndicats d’enseignants ne manqueront pas de décortiquer les chiffres des postes finalement créés dans un an. Mais d’ici là, la gauche ne sera peut-être plus aux manettes…