Des adeptes de Pokémon GO, le 20 août 2016 à Lille. AFP PHOTO / BELGA / NICOLAS MAETERLINCK
Des adeptes de Pokémon GO, le 20 août 2016 à Lille. AFP PHOTO / BELGA / NICOLAS MAETERLINCK - AFP

Les bestioles virtuelles vont-elles désorganiser la rentrée ? La passion du jeu Pokémon GO qui s’est emparée de la France cet été, fait partie des dossiers surprises de la rentrée que doit gérer le ministère de l’Education nationale. Car il est désormais évident que cet engouement pour Pikachu, Carapuce ou Magicarpe s’exprimera aussi à l’école, ce qui n’est pas sans poser problème.

Les inquiétudes des chefs d’établissement et des enseignants portent d’abord sur les risques que pourraient faire peser la chasse aux Pokémons sur la sécurité des élèves. Car certaines façades d’écoles, de collèges et de lycées sont devenues des arènes (endroit où l’on peut organiser des combats de Pokémons) ou des « pokéstop » (lieux géolocalisés dans l’application, permettent aux joueurs de récupérer divers objets nécessaires pour attraper des Pokémons).

Le risque d’attroupements devant les établissements

« Cela pourrait générer des attroupements devant les établissements, alors même que l’on cherche à les éviter, en raison de la menace terroriste », explique Christian Chevalier, secrétaire général du Se-Unsa.

Par ailleurs, selon le site de fans français du jeu, des Pokémons de type électrique se cachent notamment dans les établissements. « Ce qui laisse craindre des tentatives d’intrusion dans les écoles, collèges et lycées », souligne Christian Chevalier. Un stress supplémentaire en perspective pour les personnels des établissements, qui doivent en interdire l’accès à toute personne inconnue des lieux.

Des élèves moins concentrés ?

Si les élèves ne manqueront pas de vanter leurs exploits au jeu dans la cour, leur passion pourrait aussi s’exprimer de manière excessive.

Sur Twitter, certains enseignants craignent aussi que la chasse aux petits monstres ne désorganise leurs cours :

« On sait déjà que l’on devra lutter plus qu’à l’ordinaire pour qu’ils n’utilisent pas leur portable en classe, bien que cela soit interdit », prévoit Philippe Tournier, président du SNPDEN (syndicat des personnels de direction). En revanche, pendant la récréation, les élèves ont le droit d’utiliser leur portable. « Mais si la chasse au Pokémon s’engage dans la cour, cela pourrait créer dans certains cas des bousculades », indique Christian Chevalier.

Pour éviter ces écueils, la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem s’est entretenu avec l’éditeur du jeu, Niantic. «J’ai demandé à ce qu’il n’y ait pas de Pokémons rares dans les établissements », a-t-elle déclaré ce lundi, lors de sa conférence de presse de rentrée. Elle a aussi précisé que les chefs d’établissement avaient « la possibilité de demander que leur établissement soit exclu de la cartographie du jeu en remplissant un simple formulaire sur le site de l'éditeur ».

Un sujet de réflexion collectif

Seul point positif de ce jeu pour les enseignants : il pourrait permettre à certains d’eux de faire de la pédagogie. « Cela pourrait être l’occasion de discuter avec les élèves de ce que peut leur apporter un jeu vidéo (leur apprendre à développer une stratégie…) et des risques de dépendance qu’ils comportent », souligne Christian Chevalier.

Mots-clés :