Corrida - Illustration
Corrida - Illustration - MEHDI FEDOUACH / AFP

L’Observatoire national des cultures taurines et l’ Union des villes taurines de France avaient pourtant tenté de contester la décision de la cour administrative de Paris mais sans succès. Dans une décision publiée jeudi, le Conseil d’Etat a rejeté le pourvoi des deux associations pro-corrida et la corrida ne fait donc plus partie de l’inventaire du  Patrimoine immatériel de la France auquel elle était inscrite depuis 2011.

« Ce qui compte, c’est la réalité historique et culturelle »

« Ce fut un long combat : cinq ans de lutte acharnée pour obtenir une évidence, la corrida, séance de torture et d’agonie, n’a rien à faire avec les parfums de Grasse et la tarte Tatin », ont commenté ce vendredi dans un communiqué le CRAC (comité radicalement anti-corrida) Europe et Droit des animaux.

Malgré tout, pour Simon Casas, en charge des arènes de Nîmes (Gard) et de ses corridas, cela ne change rien : « Je suis né à Nîmes, dans une ville qui a une tradition tauromachique depuis des siècles. Ce qui compte, c’est la réalité historique et culturelle. »

Pourtant, cette inscription au Patrimoine Immatériel représentait tout de même une reconnaissance au niveau national d’une pratique entre le sport et le rituel. Pas de quoi révolter Simon Casas : « Ce n’est ni grave, ni illogique : la Tauromachie c’est avant tout une question de patrimoine régional, le patrimoine immatériel c’est très générique », dit-il avant d’ajouter : « Par contre si on mettait fin à son existence, je demanderais personnellement des comptes à l’Etat. »

Les anti-corrida, eux, se réjouissent de ce retrait, qu’ils réclament depuis 2011 et l’inscription de la corrida au patrimoine immatériel français. Pour Thierry Hely, secrétaire du FLAC (Fédération des luttes pour l’abolition des corridas), c’est un symbole : « Les pro-corrida se donnaient une légitimité avec ce label, aujourd’hui ce n’est plus le cas et c’est très important. »

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« C’est du vrai sang, de vrais animaux tués… »

Ce n’est pas le premier coup dur pour le monde de la tauromachie cette année : en janvier dernier, l’ONU a, dans une recommandation officielle, demandé à la France d’interdire ses arènes aux mineurs. « Ce n’est pas une violence virtuelle : c’est du vrai sang, de vrais animaux tués par arme blanche qui sont présentés aux yeux des plus jeune », explique Thierry Hely.

Cependant, le secrétaire du FLAC avoue que l’interdiction des corridas pourrait prendre encore de très longues années : « La majorité des Français est contre, mais parmi les défenseurs de la corrida on compte des noms importants ; Manuel Valls en est un fervent supporter et il est clair qu’il s’opposerait à toute velléité d’abolition. »

Les politiques ne sont pourtant pas tous du côté de la tauromachie : la semaine dernière, Rama Yade, ancienne secrétaire d’Etat, s’est affichée aux côtés des opposants aux corridas lors d’une manifestation durant les fêtes de Mont-de-Marsan. Du côté du FLAC, on espère que cela mènera à d’autres initiatives de la part de personnages publics et politiques.

Le déclin de la tauromachie en Espagne, avec l’interdiction de la pratique en Catalogne, pourrait également impacter la popularité des corridas du sud de la France qui « finira par disparaître » selon Thierry Hely. Pas si évident pour le patron des arènes de Nîmes : « C’est inscrit en nous, notre histoire et notre culture, il s’agit d’une réalité très concrète. Les opposants à la tauromachie n’ont pas la capacité à reconnaître les valeurs qu’elle porte. »

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