Hinkley Point: Le projet validé par le conseil d'administration d'EDF malgré la démission d'un administrateur

NUCLEAIRE Le conseil devait statuer sur la décision finale d'investissement qui autorise le PDG Jean-Bernard Lévy à signer les principaux contrats...

20 Minutes avec AFP

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Une photo diffusée par EDF à Londres le 28 juillet 2016, montre un montage par ordinateur des deux réacteurs nucléaires du projet Hinkley Point dans le sud-ouest de l'Angleterre.

Une photo diffusée par EDF à Londres le 28 juillet 2016, montre un montage par ordinateur des deux réacteurs nucléaires du projet Hinkley Point dans le sud-ouest de l'Angleterre. — HO / EDF ENGERY

C'est fait. Le projet nucléaire d’Hinkley Point a été validé. Une majorité du conseil d'administration d'EDF s'est prononcée ce jeudi en faveur du projet, donnant le coup d'envoi effectif de ce chantier controversé de 18 milliards de livres (21,5 milliards d'euros). Dix administrateurs ont voté pour et sept contre.

Peu auparavant, un administrateur d’ EDF opposé à ce projet et à la stratégie nucléaire de l’électricien public, avait annoncé sa démission. « Etant administrateur proposé par l’Etat actionnaire, je ne souhaite pas cautionner plus longtemps une stratégie que je ne partage pas », explique Gérard Magnin dans sa lettre de démission.

C’est la deuxième démission au sein d’EDF liée à Hinkley Point, après celle, début mars, du directeur financier Thomas Piquemal, qui jugeait ce chantier de 18 milliards de livres (21,5 milliards d’euros) irréalisable à court terme.

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« Espérons qu’Hinkley Point n’entraîne pas EDF dans un abîme de type Areva, comme certains le craignent. EDF aurait alors perdu sur tous les tableaux », écrit l’ex-administrateur.

Contre la stratégie pro-nucléaire

Plus globalement, l’administrateur démissionnaire dénonce la stratégie résolument pro-atome poursuivie par EDF, au détriment de la transition énergétique (à laquelle l’électricien s’est pourtant engagé à participer) et de l’émergence d’une industrie française des énergies renouvelables. « J’avais en effet imaginé que la période de mutation profonde des systèmes énergétiques partout dans le monde serait propice à une réorientation historique de la stratégie d’EDF vers une transition énergétique, que la loi devait accélérer dans notre pays », écrit-il. « Au contraire, […] le centre de gravité d’EDF se déplace encore davantage vers le nucléaire », déplore-t-il.