Attentat de Nice: La discothèque le High Club transformée en hôpital de fortune

ATTENTAT De lieu branché de la nuit sur la Promenade des Anglais, le High Club est devenu un hôpital de fortune pendant quelques heures…

M. R.

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Sur la promenade des anglais, les gestes de recueillement se poursuivent, le 17 juillet 2016 à Nice.

Sur la promenade des anglais, les gestes de recueillement se poursuivent, le 17 juillet 2016 à Nice. — LIONEL URMAN/SIPA

Le High Club a plutôt l’habitude d’accueillir des jeunes venus faire la fête. Mais la nuit du 14 juillet a été bien différente pour cette boîte de nuit branchée de la Promenade des Anglais, àNice.

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Un camion de 19 tonnes lancé à vive allure a fauché des centaines de personnes rassemblées sur la célèbre avenue pour admirer le feu d’artifice, faisant 84 morts, dont 10 enfants et adolescents, et plus de 300 blessés. Le club a alors ouvert ses portes aux victimes.

Une nuit d’horreur

Eve est barmaid au High Club. Elle se rend à son lieu de travail jeudi soir lorsqu’elle a aperçu une femme allongée sur le sol. Elle n’a pas vu le camion, mais rapidement, c’est le chaos. « Je me suis jetée entre deux voitures garées pendant que la foule courait dans la rue », raconte-t-elle au Figaro. La jeune femme entre par une porte dérobée dans la discothèque. Les pompiers commencent déjà à y affluer. « Ils nous ont demandé si le High pouvait servir d’hôpital, se souvient la jeune femme. J’ai aidé à décharger les camions pleins de matériel médical et de brancards. »

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En quelques instants, la piste de danse s’est métamorphosée. A la place des banquettes et tables destinées aux clients, des brancards, bouteilles d’oxygène, caisses de médicaments et machines à électrochocs. Le premier étage est réservé aux morts, le rez-de-chaussée accueille les blessés.

L’un des gérants de l’établissement, arrivé sur place après le drame, prête main-forte aux équipes du service d’ordre pour gérer le flux des gens. « Certains étaient là parce qu’ils avaient un proche blessé, mais il fallait aussi canaliser les gens qui n’avaient rien à faire là, explique Jérôme Calatraba, interrogé par Libération. Il fallait également bloquer l’accès aux voitures. » Jusqu’à 5h30 du matin, 250 personnes passent les portes du High Club.

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L’après 14 juillet

Mais toutes les victimes n’ont pas pu être sauvées. La mort de l’une d’elles a plongé le directeur artistique du club, Eric Durand, dans la prostration pendant plusieurs heures, devant l’établissement. C’était « l’horreur en majuscule », confie-t-il au Monde, trois jours après le drame. Depuis qu’il a vu passer une poussette sous les roues du camion à quelques mètres du club où il travaille, il ne trouve plus le sommeil. « Un champ de bataille. Un cauchemar. » La culpabilité reste très forte chez ceux qui ont survécu.

Malgré les traumatismes, la saison touristique vient d’ouvrir et la vie reprend ses droits. Les gérants du High Club ont nettoyé les lieux. Dimanche, le personnel de la boîte de nuit a distribué des roses blanches aux passants. Ils s’apprêtent à rouvrir l’établissement jeudi. L’entrée sera gratuite. « Parce qu’il ne faut surtout pas leur laisser ça », affirme Eric Durand au Monde.

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