Des policiers sur les lieux de l'attentat de Nice, dans la nuit du 14 au 15 juillet 2016.
Des policiers sur les lieux de l'attentat de Nice, dans la nuit du 14 au 15 juillet 2016. - LIONEL URMAN/SIPA

L’effroi et la colère. De nombreux téléspectateurs se sont indignés d’images de l’attentat à Nice diffusées dans la nuit de jeudi à vendredi sur TF1 (qui diffusait les éditions de LCI), France 2 et BFM TV.

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Les trois chaînes ont montré une vidéo du camion fonçant sur la foule massée sur la Promenade des Anglais. « C’est immonde pour les familles ayant perdu quelqu’un », a ainsi réagi une téléspectatrice sur Twitter. Un avis partagé par de nombreuses autres personnes également ulcérées par la violence des images. Une de nos consoeurs de Slate déplore aussi « des témoignages inutiles de personnes totalement déboussolées (…) qui ont clairement besoin d’aide psychologique plutôt que d’une interview par téléphone. »

D’autres internautes ont fait part de leur stupéfaction de voir France 2 interviewer un homme assis au côté du cadavre de sa femme. « Bonsoir Monsieur, vous venez de perdre votre épouse. Une réaction ? L’info par France 2 », a ainsi tweeté Nicolas Hénin, journaliste et ex-otage en Syrie.

Tweet du journaliste Nicolas Henin. «20 Minutes» a flouté l'image de l'homme interviewé.
Tweet du journaliste Nicolas Henin. «20 Minutes» a flouté l'image de l'homme interviewé. - Twitter @N_Henin

France Télévisions présente ses excuses

Ce vendredi matin, France Télévisions a présenté ses excuses dans un communiqué : « Ces images brutales, qui n'ont pas été vérifiées selon les usages, ont suscité de vives réactions. Une erreur de jugement a été commise en raison de ces circonstances particulières. La diffusion de ce type d'images ne correspond pas à la conception de l'information des journalistes des équipes et de l'entreprise. »

Des téléspectateurs ont annoncé qu’ils avaient signalé ces images au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Le gendarme de la télé et de la radio a appelé les médias « à la prudence et à la retenue » et fait savoir qu'il s'est « d'ores et déjà saisi des images et des comptes rendus diffusés toute la nuit ».

Ces polémiques relancent immanquablement le débat sur les éventuelles limites du droit à l’information et du droit d’informer qui revient régulièrement lorsqu’il s’agit de relater des événements dramatiques.

L’an passé, au sujet de la couverture médiatique des attentats à Paris, le CSA avait a relevé 36 manquements dont 15 ont donné lieu à mise en garde et 21, plus graves, ont justifié des mises en demeure.

Par ailleurs, plusieurs scènes du drame, au contenu explicite circulent sur les réseaux sociaux. La police a demandé aux utilisateurs de ne pas contribuer à la propagation de ces photos ou vidéos « par respect pour les victimes et leurs familles ». Les internautes sont invités à signaler ces contenus afin qu’ils puissent être supprimés de la Toile.

 

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