La prédiction sombre du patron de la DGSI sur les «affrontements intercommunautaires»

SOCIETE Patrick Calvar redoute « une confrontation entre l’ultra droite et le monde musulman - pas les islamistes mais bien le monde musulman »…

M.C. avec AFP

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Image d'archives d'un ultra-nationaliste d'extrême-droite à Dresdes en Allemagne, le 7 juin 2014, avant l'ouverture d'une manifestation de "Zukunft Statt Uebergremdung"

Image d'archives d'un ultra-nationaliste d'extrême-droite à Dresdes en Allemagne, le 7 juin 2014, avant l'ouverture d'une manifestation de "Zukunft Statt Uebergremdung" — Robert Michael AFP

Pour Patrick Calvar, « l’Europe est en grand danger». A cause de la montée des extrémismes dans le contexte actuel, le patron de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) dit redouter « une confrontation entre l’ultra droite et le monde musulman - pas les islamistes mais bien le monde musulman ».

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«Je pense que nous gagnerons contre le terrorisme», estime-t-il, selon la retranscription de son audition devant la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015, rendue publique mardi. « Je suis en revanche beaucoup plus inquiet de la radicalisation de la société et du mouvement de fond qui l'entraîne», a affirmé le 24 mai le patron du renseignement intérieur, auditionné à huis clos.

« Encore un ou deux attentats et la confrontation adviendra»

« C’est ce qui m’inquiète quand je discute avec tous les confrères européens : nous devrons, à un moment ou un autre, dégager des ressources pour nous occuper d’autres groupes extrémistes parce que la confrontation est inéluctable », a-t-il estimé. Le patron de la DGSI avait tenu des propos similaires le 10 mai devant la commission de la Défense nationale de l’Assemblée nationale.

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« L’Europe est en grand danger : les extrémismes montent partout et nous sommes, nous, services intérieurs, en train de déplacer des ressources pour nous intéresser à l’ultra droite qui n’attend que la confrontation », avait-il alors affirmé. « Encore un ou deux attentats et elle adviendra. Il nous appartient donc d’anticiper et de bloquer tous ces groupes qui voudraient, à un moment ou à un autre, déclencher des affrontements intercommunautaires », avait estimé Patrick Calvar.