Scouts: «Je sais que cet été je vivrai une aventure humaine qui me marquera»

TEMOIGNAGES Rachel et Abigail participeront cet été à des aventures scouts en France et au Togo…

Delphine Bancaud

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Rachel, 22 ans, fait partie du mouvement des scouts laïcs.

Rachel, 22 ans, fait partie du mouvement des scouts laïcs. — D.Bancaud/20 minutes

Comme toujours à l’approche des grandes vacances, les scouts fourmillent de projets. Et cet été, Rachel, 22 ans, sait déjà qu’elle vivra des moments extraordinaires. Cette étudiante en licence 3 de biologie, fait partie des Eclaireuses et Eclaireurs de France, le mouvement des scouts laïcs. Elle fera partie de l’équipe qui organise le Roverway, un grand raout qui rassemblera en France au mois d’août 5.000 scouts âgés de 16 à 22 ans, de 50 nationalités et de différentes confessions. « J’attends d’y faire des rencontres. Je sais déjà que cet été je vivrai une aventure humaine qui me marquera à jamais », s’enthousiasme-t-elle. Sa mission pour ce grand rassemblement : organiser des temps forts sur place. « Je travaille avec d’autres scouts européens à l’organisation de débats par exemple sur les réfugiés et le changement climatique », explique-t-elle. Et chaque semaine, Rachel se réunit sur Skype avec les autres organisateurs pour faire le point.

Abigail, 26 ans, cadre dans un groupe de restauration, s’apprête aussi à connaître une nouvelle grande aventure cet été. Elle fait partie desEclaireuses et Eclaireurs unionistes (la branche protestante du scoutisme) et va diriger un camp destiné à des jeunes de 16 à 18 ans en Afrique en juillet. « Je pars trois semaines au Togo pour apporter mon aide. Nous allons participer à la scolarisation d’enfants, organiser des jeux pédagogiques pour eux, aider à finir la construction d’un dispensaire… », énumère-t-elle. « J’ai hâte de rencontrer une nouvelle culture et de voir les cinq jeunes que je vais encadrer en action », poursuit-elle.

« Le scoutisme fait partie de mon équilibre »

Des projets forts pour ces deux jeunes femmes qui s’inscrivent dans la continuité de leur parcours dans le scoutisme. « Je suis engagée dans le mouvement depuis mes 12 ans. Enfant, j’étais plusieurs fois partie en colo. Mais le scoutisme, c’est bien plus fort, car on devient acteur de la vie de la communauté : on participe aux tâches quotidiennes, on crée des projets et l’on partage des valeurs d’entraide. Ça fait vraiment sens », témoigne-t-elle. Le scoutisme lui a aussi permis de prendre rapidement des responsabilités, puisqu’Abigail est devenue directrice d’un camp de 40 enfants à 21 ans. « J’ai appris à doser mon autorité, à planifier le travail de mon équipe, à gérer les conflits à monter un projet », raconte-t-elle.

Et même si Abigail travaille depuis un an et demi, elle n’a pas lâché son engagement pour autant. « Le scoutisme fait partie de mon équilibre. Cela me coupe du quotidien, me permet de me ressourcer, de me détacher du matériel, de vivre dans la nature en partageant avec les autres », poursuit-elle. Certaines de ses expériences, ont aussi permis à Abigail d’aller à la rencontre de jeunes d’autres religions. « Dans le cadre de l’opération « Vis mon camp » nous avons passé la journée avec des éclaireurs Israélites. Nous avons mangé casher, partager des jeux avec nos hôtes et découvert une autre manière de vivre sa religion », explique Abigail. Une façon d’expérimenter le vivre ensemble très conviviale.

« Ça m’a ouvert l’esprit »

La passion de Rachel pour le scoutisme est plus récente, mais pas moins intense : « Cela fait trois ans que j’ai démarré et je me suis tout de suite beaucoup investie. J’ai d’ailleurs commencé à être responsable de louveteaux (les 8-11 ans) dès mes 18 ans. Et même lorsque j’étais en prépa biologie, je partais en week-end scout une fois par mois », raconte-t-elle. Bien que Rachel soit catholique, elle a décidé d’adhérer au mouvement des scouts laïques : « car j’adore le fait que nous accueillons tout le monde ».

« Ça m’a ouvert l’esprit parce que j’ai rencontré des personnes de tous les milieux et de toutes les religions. J’ai l’impression de mieux comprendre les autres aujourd’hui », explique-t-elle. Pour Rachel, le scoutisme a réellement changé sa vie : « Ça m’a aidée à aller au-delà de mes limites et à réellement m’épanouir », insiste-t-elle. Sans oublier le sentiment d’être utile : « Lorsqu’on encadre des plus jeunes, on leur apprend à devenir plus autonomes, à savoir faire non seulement la vaisselle et la cuisine, mais aussi à se responsabiliser ». Enfin, grâce au scoutisme, Rachel s’est fait des tas d’amis : « Le scoutisme crée un réseau de personnes ayant les mêmes valeurs. Si quelqu’un cherche un boulot ou un logement, il peut solliciter les autres scouts. On essayera toujours de s’entraider à avancer dans la vie », affirme-t-elle. Et avec le Roverway cet été, elle va encore étoffer son réseau amical aux quatre coins de l’Europe.