Un des policiers présents, vêtu d'un costume gris, a catégoriquement refusé de saluer François Hollande et Manuel Valls.
Un des policiers présents, vêtu d'un costume gris, a catégoriquement refusé de saluer François Hollande et Manuel Valls. - DOMINIQUE FAGET

La scène est furtive. Après avoir rendu un hommage solennel et poignant au couple de fonctionnaires de police assassiné lundi à Magnanville (Yvelines), le président de la République et le Premier ministre ont enchaîné ce vendredi matin les poignées de main pour saluer les nombreux policiers présents à la cérémonie à Versailles.

Un des policiers présents, vêtu d’un costume gris, a catégoriquement refusé de tendre la main à François Hollande et à Manuel Valls.

Sur les images captées par les chaînes de télévision, on aperçoit cet homme, se tenant droit comme un « i » sur ses béquilles, refusant de saluer le chef de l’Etat et le chef du gouvernement.

Les images le montrent même en train de faire « non » de la tête alors que Manuel Valls arrive à son niveau. On voit ensuite le Premier ministre engager la conversation avec lui pour tenter de comprendre la colère du policier.

« La police manque de moyens »

L’homme, un policier en civil, a ensuite justifié son geste, hors caméra, auprès de plusieurs médias. « Il y a trop de problèmes dans la police, on en a ras le bol », a-t-il déclaré à un journaliste de TF1, ajoutant : « A Mantes-la-Jolie, nous avons trois véhicules pour 40 policiers ». « La police manque de moyens », a également déclaré le policier à une journaliste de France 2.

Le policier dit avoir regretté que Manuel Valls n’ait pas écouté son explication jusqu’au bout.

Manuel Valls « peut comprendre » l’attitude du policier

Interrogé dans l’après-midi en marge d’un déplacement à Paris, le Premier ministre a estimé que l’attitude de ce policier n’avait été « en rien irrespectueuse », et qu’elle était même « respectueuse », la mettant sur le compte de la douleur provoquée par les assassinats.

« Moi je peux comprendre que dans ces moments-là il y ait un policier ou deux policiers, des hommes, des femmes qui sont touchés, qui pouvaient connaître les victimes, qui aient une attitude qui n’est en rien irrespectueuse, elle était respectueuse », a répondu le Premier ministre à la presse.

Mots-clés :