Une photo tirée du compte Facebook non authentifié de Larossi Abballa, terroriste présumé qui a abattu deux policiers dans les Yvelines, le 14 juin 2016
Une photo tirée du compte Facebook non authentifié de Larossi Abballa, terroriste présumé qui a abattu deux policiers dans les Yvelines, le 14 juin 2016 - STR / FACEBOOK / AFP

François Molins, le procureur de la République de Paris, a tenu une conférence de presse ce mardi en début d’après-midi pour faire le point sur l’enquête liée au meurtre du couple de policiers tués à Magnanville. 20 Minutes fait le point sur l’enquête.

  • Larossi Abballa, un jeune homme connu des services

Originaire de Mantes-la-Jolie, à une soixantaine de kilomètres à l’ouest de Paris, Larossi Abballa, 25 ans, cheveux longs, petite barbe, avait été condamné en septembre 2013 pour avoir participé à une filière d’envoi au Pakistan de volontaires pour le djihad.

Il avait été condamné à trois ans de prison dont six mois avec sursis et mise à l’épreuve. L’enquête avait mis au jour le profil inquiétant du jeune homme, connu jusque-là pour des faits mineurs de droit commun (vol, recel).

 

  • Les écoutes visant l’assaillant ne permettaient pas de déceler un passage à l'« acte violent »

Les écoutes judiciaires ciblant l’assaillant n’avaient pas permis à ce jour de déceler un passage à l'« acte violent », a assuré François Molins.

Des « interceptions téléphoniques et géolocalisations » mises en places « sur plusieurs lignes téléphoniques n’avaient pas permis à ce jour de déceler le moindre élément » sur « la préparation et un passage à l’acte violent ».

Le tueur était « visé par des investigations conduites par un magistrat antiterroriste » depuis 2016 sur une filière djihadiste syrienne.

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  • L’assaillant avait prêté allégeance à Daesh

Il avait affirmé aux policiers avoir « prêté allégeance » au chef de l’organisation de l’Etat islamique il y a trois semaines et connaître la qualité de policier de l’homme qu’il a tué lundi soir dans les Yvelines.

« Au cours de ces négociations avec le Raid, le tueur a indiqué être musulman pratiquant, faire le ramadan et il a précisé qu’il avait prêté allégeance trois semaines plus tôt au commandeur des croyants de l’Etat islamique, Abou Bakr al-Baghdadi.

Il a ajouté avoir répondu à un communiqué de cet émir qui demandait, je cite, de "tuer des mécréants, chez eux avec leur famille" », a ajouté le procureur au cours de la conférence de presse.

  • Trois personnes placées en garde à vue

Au total, trois personnes, des membres de l’entourage du meurtrier Larossi Abballa, sont actuellement entendues par les enquêteurs.

Ils figurent parmi les huit membres d’une filière djihadiste, condamnés en 2013 pour « association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes », a précisé cette source. Ils sont âgés de 27, 29 et 44 ans.

 

  • Des personnalités ou des professions ciblées

Une « liste de cibles », mentionnant des personnalités ou des professions, a été retrouvée par les enquêteurs au domicile du policier et de sa compagne.

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« Un certain nombre d’investigations et de constatations » ont été menées qui ont permis de « saisir à l’intérieur du pavillon une liste de cibles mentionnant des personnalités ou des professions (rappeurs, journalistes, policiers) ou des personnalités publiques », a affirmé François Molins à la presse. Ont aussi été saisis « trois téléphones, trois couteaux et en particulier un couteau ensanglanté posé sur la table ».

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