L'alcool: La Cour des comptes juge l'Etat «complice» des décès

CONSOMMATION L'alcool est la première cause de mortalité au volant, pourtant, l'alcoolémie serait moins contrôlée que la vitesse...

Clémence Apetogbor

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Illustration alcool, bière.

Illustration alcool, bière. — KROD/WPA/SIPA

La Cour des comptes estime que l’Etat ferme les yeux sur les problèmes liés à l' alcool en France. C’est ce que révèle ce lundi Europe 1, alors qu’un rapport du gendarme de l'argent public doit être diffusé mercredi.

Près de 49.000 morts par an

La Cour va même plus loin, accusant directement l’Etat français de « complicité » dans la mort de 49.000 personnes par an du fait de l’alcool, souligne la radio sur son site Internet.

Le rapport pointe en effet du doigt la « norme » établie sur la consommation d’alcool tolérée. Elle serait de quatre verres pour les hommes et de trois pour les femmes.

Toutefois, selon la Cour des comptes, de nombreux cancers sont favorisés dès le premier verre d’alcool. L’avertissement désormais célèbre « A consommer avec modération » serait donc mensonger.

Des failles dans la prévention de l’alcool au volant

Le faible investissement de l’Etat dans la recherche médicale sur les effets de l’alcool est également décrié. En comparaison, les Etats-Unis consacrent à ces recherches dix fois plus de moyens.

Par ailleurs, la Cour dénonce des failles dans la prévention de l’alcool au volant. Les contrôles de consommation se font bien plus rares que les contrôles de vitesse, rapporte-t-elle.

Ces contrôles sont très coûteux, nécessitent des procédures juridiques lourdes et sont difficiles à mettre en place, indique Europe 1. Paradoxalement, l’alcool est aujourd’hui la première cause de mortalité routière.

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Des problèmes sous-estimés

L’Etat sous-estime les problèmes liés à la consommation d’alcool et ne fait pas les efforts suffisants pour inverser la vapeur, résume la Cour.

Les conséquences économiques d’une politique plus ou moins dure sur la consommation d’alcool seraient importantes, alors que la France compte pas moins de 755.000 hectares consacrés à la vigne (l’équivalent d’un million de stades de foot), rappelle Europe 1.

La passivité de l’Etat pourrait ammener des victimes de l’alcool à l’attaquer en justice, estime la Cour, qui rappelle que la justice a déjà donné gain de cause à des victimes du tabac qui ont attaqué les géants du secteur.