Attentats de janvier: Une figure de l'extrême droite et ex-indic aurait fourni des armes à Amedy Coulibaly

TERRORISME D’après l’enquête, ces armes venues de Slovaquie, démilitarisées, étaient passées par un intermédiaire en Belgique...

Clémence Apetogbor

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Claude Hermant en octobre 2011 à Lille

Claude Hermant en octobre 2011 à Lille — P. HUGUEN / AFP

L’étau se resserre autour de Claude Hermant, par qui seraient passées les armes utilitées par Amedy Coulibaly dans l’attaque de l’hyper casher de Vincennes.

Ce qu’affirme ce mardi BFMTV, s’appuyant sur l’interrogatoire d’Hermant mené par l’antiterrorisme en décembre dernier.

Des armes achetées par dizaines

Cette figure de l’extrême droite, en détention provisoire depuis fin janvier et mis en examen pour trafic d’armes en bandes organisées, raconte qu’à l’époque, il est un indicateur des gendarmes de la section de recherches de Lille. Il avait pour mission d’acheter des dizaines d’armes pour les revendre. Mais il n’a alors qu’un seul acheteur dénommé Samyr.

Des armes découvertes dans l’arsenal du terroriste avaient en effet été achetées parmi des dizaines d’autres par une société de la compagne d’Hermant, entre juillet et novembre 2014.

« Toutes les livraisons d’armes faisaient l’objet d’une autorisation et d’une surveillance de la gendarmerie », explique Claude Hermant aux enquêteurs de la sous-direction antiterroriste (SDAT), le 15 décembre 2015, toujours selon BFMTV.

« Les gendarmes n’ont pas fait leur boulot », assène quant à elle la femme du trafiquant d’armes présumé.

Un lourd passif

« Dans ce genre de trafic, il y a toujours un ou des intermédiaires. Claude Hermant ne connaissait pas forcément la destination finale des armes. Ca montrerait en tout cas la porosité entre certains milieux islamistes et du banditisme », indiquait une source citée par La Voix du Nord en mai 2015.D’après l’enquête, ces armes venues de Slovaquie, démilitarisées, étaient passées par un intermédiaire en Belgique avant d’être revendues à la société de la compagne d’Hermant. Les enquêteurs cherchent à savoir comment ces armes ont été remilitarisées.

Claude Hermant aurait remilitarisé depuis plusieurs années ces armes expédiées par conteneurs à Anvers ou Rotterdam par une entreprise slovène, AFG. Ce plombier de formation âgé de 52 ans a longtemps eu des liens avec les milieux barbouzards et l’extrême droite, rappelle La Voix du Nord.

Cet ancien barbouze au physique de catcheur (il aurait participé à un coup de force manqué au Congo) a notamment co-organisé une marche « identitaire » qui a rassemblé 500 militants d’extrême droite à Lille, en octobre 2011. Il y avait d’ailleurs invité Serge Ayoub, dont le mouvement « Troisième Voie » a été dissous en 2013.

Hermant « n’aurait jamais travaillé contre les intérêts de son pays »

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Ancien champion de boxe thaï, passé par le DPS, le service de sécurité du FN dans les années 90, puis par la « Maison flamande », un lieu prisé des identitaires (extrême droite), Claude Hermant est un ancien volontaire dans une légion croate pendant la guerre en ex-Yougoslavie. Il affirme aussi avoir agi pour le compte de la DGSE en Afrique dans les années 90.

La Voix du Nord révèle également des courriels échangés entre Claude Hermant et la gendarmerie. « Mon client est un combattant, il n’aurait jamais travaillé contre les intérêts de son pays, explique son avocat, maître Maxime Moulin. Il entend laver son honneur ».