Parution des journaux bloquée: Les patrons de presse dénoncent la pression «scandaleuse» de la CGT

MEDIAS Les quotidiens nationaux ne sont pas parus ce jeudi, sauf L’Humanité qui a accepté de publier une tribune du n°1 de la CGT…

C.B. avec AFP

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Les quotidiens nationaux français ne paraîtront pas jeudi, journée de mobilisation prévue contre le projet de loi travail

Les quotidiens nationaux français ne paraîtront pas jeudi, journée de mobilisation prévue contre le projet de loi travail — FRED DUFOUR AFP

Dans les kiosques ce jeudi matin, il est impossible de trouver un quotidien national français autre que L’Humanité. La parution de ces journaux a en effet été bloquée par la CGT du Livre.

Ce n’est pas la première fois que cette parution est bloquée : les quotidiens n’étaient déjà pas parus le 31 mars et le 28 avril, lors de précédentes mobilisations contre la loi Travail. Reste que le blocage est cette fois-ci d’une nature différente : si les quotidiens n’ont pas été publiés, c’est tout simplement parce qu’ils ont refusé de publier une tribune du patron de la CGT.

« Une déplorable atteinte à la démocratie »

Ce qui fait bondir leurs responsables, qu’ils soient de Libération ou du Figaro, en passant par L’Opinion. « La CGT a décidé de bloquer l’impression des journaux qui avaient refusé de publier sous la contrainte un tract appelant le gouvernement à retirer la loi Travail », s’est insurgé le patron de L’Opinion, Nicolas Beytout, dans un éditorial publié en ligne.

« Cette intrusion scandaleuse du syndicat dans les contenus des médias doit être dénoncée comme une déplorable atteinte à la démocratie », a-t-il souligné.

« On n’a jamais publié de communiqué sous la pression et on ne le fera jamais », a affirmé de son côté le directeur de Libération, Laurent Joffrin, interrogé sur France Inter. Il a dénoncé une exigence « honteuse et stupide » de la CGT. « On a bien fait de refuser » de publier la tribune de Philippe Martinez, a ajouté Laurent Joffrin qui a fustigé l’attitude de L’Humanité, seul quotidien national en kiosque jeudi, « qui s’est couché ».

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Interrogé sur France Inter, le secrétaire général du syndicat CGT du Livre, Didier Lourdez, a affirmé que son syndicat n’avait « ni exigence, ni diktat ». Il a cependant reconnu que son syndicat avait « proposé à tous les quotidiens de donner une expression à Philippe Martinez ».

« La liberté de la presse et la démocratie doivent se faire dans les deux sens », a-t-il dit. « C’est nous qui sommes pris en otages par le gouvernement qui veut appliquer une loi » que son syndicat dénonce, a-t-il ajouté.