Des familles de passagers qui ont disparu dans le crash de l'avion de la compagnie Egyptair, le    19 mai 2016 au Caire, en Egypte.
Des familles de passagers qui ont disparu dans le crash de l'avion de la compagnie Egyptair, le 19 mai 2016 au Caire, en Egypte. - KHALED DESOUKI / AFP

Ne pas les laisser seules. Les familles françaises des passagers du vol MS804 qui s’est crashé, jeudi en mer Egée, sont au centre des préoccupations du gouvernement. Alors que les premiers débris de l’Airbus A320 qui devait relier Paris au Caire viennent d’être retrouvés, Jean-Marc Ayrault, le ministre des Affaires étrangères, a annoncé la tenue d’une réunion, samedi matin au Quai d’Orsay, pour faire le point avec les familles des victimes.

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« Notre but est de faire preuve de la plus grande transparence possible, assure à 20 Minutes une source au Quai d’Orsay. Ce n’est pas facile car nous manquons encore d’informations à ce stade… » Très éprouvées par le drame aussi brutal qu’inexpliqué, les familles sont toutefois en mesure de le comprendre, selon Muriel Salmona, psychiatre et victimologue.

« Elles peuvent intégrer le fait qu’on ne dispose pas encore de toutes les explications mais il faut le leur dire et être honnêtes avec elles, confie la spécialiste de ce type de prise en charge. Dans ce genre de cas de figure où plusieurs versions contradictoires s’affrontent, il faut être capable d’avouer notre ignorance et de s’en excuser. »

« Ne pas revivre le soir du Bataclan »

Surtout, il faut promettre que les familles des victimes disparues en mer Egée seront les premières informées des avancées de l’enquête. « Il ne faut pas revivre le soir du Bataclan où certaines familles ont été prévenues de la perte de leurs proches par les médias », martèle la psychiatre.

Le gouvernement semble l’avoir bien compris. En témoigne la nomination, il y a deux mois, de Juliette Méadel au poste de secrétaire d’Etat chargée de l’aide aux victimes. En première ligne depuis jeudi, la ministre reconnaît que « l’incertitude est douloureuse mais préférable à de fausses informations », alors qu’aucune thèse n’est encore privilégiée par les enquêteurs.

« Les familles ne sont pas dupes et se doutent bien qu’il y a un fort risque que leurs proches soient morts. Mais elles ont toujours de l’espoir… » Un référent doit donc être nommé pour rester en contact permanent avec elles et les tenir informées de la situation à chaque fois qu’une information vérifiée fait son apparition.

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