Jérôme Kerviel réclame 4,9 milliards d’euros à la Société générale aux prud’hommes

INFO 20 MINUTES L’ancien trader, qui estime avoir été licencié « sans cause réelle et sérieuse », demande 4,9 milliards d'euros de dommages et intérets…

Vincent Vantighem

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L'ancien trader Jérôme Kerviel sort du conseil des prudhommes le 4 juillet 2013, à Paris.

L'ancien trader Jérôme Kerviel sort du conseil des prudhommes le 4 juillet 2013, à Paris. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Il y a un peu moins de trois ans, l’audience de conciliation n’avait abouti sur aucun accord entre les parties. Selon nos informations, Jérôme Kerviel et les avocats de la Société générale vont donc se retrouver à nouveau, ce jeudi, devant le conseil des prud’hommes de Paris. Cette fois-ci, c’est le bureau de jugement qui les accueillera à 13h30 pour une audience publique.

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L’ancien trader a déposé une requête pour obtenir la requalification de son « licenciement pour faute lourde » en «  licenciement sans cause réelle et sérieuse ». Et ce n’est pas qu’une question de vocabulaire. A l’appui de sa requête, le natif de Pont-l’Abbé (Finistère) entend ainsi obtenir une allocation de dommages et intérêts de 4,9 milliards d’euros pour le préjudice personnel que lui a fait subir ce licenciement.

En juillet 2013, Jean-Luc Mélenchon était venu soutenir Jérôme Kerviel lors de l'audience de conciliation devant les prud'hommes.
En juillet 2013, Jean-Luc Mélenchon était venu soutenir Jérôme Kerviel lors de l'audience de conciliation devant les prud'hommes. - FRANCOIS GUILLOT / AFP

Kerviel avait-il l’intention de nuire à la Société générale ?

Le chiffre ne doit, bien sûr, rien au hasard. C’est précisément le montant des pertes que la Société générale affirme avoir subies à cause des positions sur les marchés prises par l’ancien trader. Et donc celui que la justice l’a condamné à rembourser pendant des années, avant que la cour de cassation n’exige, finalement, un nouveau procès sur cette question.

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Si la demande financière de l’ancien trader a peu de chances d’aboutir, la formation des prud’hommes comprenant trois magistrats non professionnels pourrait lui donner raison sur la requalification de son licenciement. « Pour licencier quelqu’un pour ‘’faute lourde’’, il faut prouver que le salarié avait l’intention de nuire à son employeur », confie en effet à 20 Minutes, un spécialiste du droit social. Un point que les huit années d’enquêtes et de procès ne sont jamais parvenues à démontrer.

Lors de la première audience, en juillet 2013,les avocats de la Société générale avaient indiqué que les demandes de Jérôme Kerviel n’étaient, à leurs yeux, « ni sérieuses » ni « recevables ». Mercredi, ils n’étaient pas disponibles pour commenter ce nouvel épisode judiciaire. La décision des prud’hommes devrait être mise en délibéré.