Periscope, l’escalade de la violence en six vidéos polémiques

APPLI Utilisé mardi pour filmer un suicide, le logiciel propriété de Twitter fait beaucoup parler depuis février…

O. P.-V.

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Ils ont eu la mauvaise idée de diffuser en direct sur Periscope la destruction du téléphone d'un client SFR (illustration).

Ils ont eu la mauvaise idée de diffuser en direct sur Periscope la destruction du téléphone d'un client SFR (illustration). — M.Libert / 20 Minutes

Le suicide d’une jeune femme de 19 ans, mardi dans l’Essonne, retransmis en direct par la victime, a relancé les questions autour de l’usage de Periscope. L’application de Twitter aux 10 millions d’utilisateurs dans le monde, permet de diffuser un flux vidéo en live depuis son téléphone, suivi par d’autres utilisateurs qui peuvent le commenter. Le principe ouvre un immense champ de possibilités, y compris les plus incontrôlables. Justement, depuis le début de l’année 2016, ce sont les vidéos polémiques qui ont fait parler de Periscope et ont contribué à sa popularité en France. Retour sur les affaires les plus médiatisées.

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Serge Aurier, l’homme qui a popularisé Periscope en France

« C’est une fiotte », lâchait le défenseur du Paris Saint-Germain le 13 février. L’avis de Serge Aurier sur son entraîneur Laurent Blanc (et la moitié de ses coéquipiers) serait resté dans le domaine privé si ce soir-là, il ne l’avait pas exprimé sur Periscope, répondant à une question de l’un des 4.000 internautes connectés au direct. Lancée en mars 2015, l’application, jusque-là confidentielle en France, s’offre une grosse publicité, et Aurier une grosse polémique ( et une brève mise à l’écart du groupe professionnel).

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Un détenu qui se filme depuis sa cellule

Quelques jours après Serge Aurier, un détenu de la prison de Béziers donne un autre coup de projecteur à Periscope. En se filmant le 20 février, joint à la main, depuis sa cellule - « en didi du zoo » pour reprendre ses termes -, « Luciano » a montré les premières limites de l’utilisation de Periscope, ou plutôt son absence de limites. Accessoirement, il a aussiécopé de six mois de prison supplémentaires pour son reportage improvisé.

La conférence de presse ratée de Hollande

Le 1er mars, l’Elysée expérimente le service vidéo lors d’une visite d’entreprise de François Hollande. Les commentaires, non filtrés, sont virulents et le service de communication n’arrive pas à gérer l’afflux. Finalement, le live est interrompu au bout de 23 minutes.

Quelques jours plus tard, presque un mois après l’affaire Serge Aurier, le cofondateur de l’appli, Kayvon Beykpour, déclarait que « la France est désormais l’un de [leur] plus gros pays, ce qui n’était pas le cas il y a encore quatre semaines ». Comme un remerciement à l’endroit du joueur parisien.

Un jeune footballeur s’en prend à la Corse

Waly Diouf, joueur des moins de 19 ans de l’AJ Auxerre, avant un match mi-mars face aux jeunes de l’AC Ajaccio, prépare le terrain en lançant sur Periscope dans une vidéo de moins d’une minute un « bande de putes les Corses ». Il a depuis présenté ses excuses, mais restera comme le premier émule de Serge Aurier.

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Des salariés de SFR détruisent le portable d’un client

Fin mars, cinquième « affaire Periscope ». Dans le même esprit de sabordage que Serge Aurier, décidément précurseur, deux employés d’une boutique SFR détruisent en direct la vitre du téléphone portable d’un client « désagréable », « qui leur casse les couilles depuis ce matin ». Contrairement au footballeur ivoirien, ils ont été licenciés depuis.

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Agression en direct à Bordeaux

Le premier drame sur Periscope. Le 23 avril, deux adolescents se filment via l’application pendant qu’ils agressent un homme dans les rues de Bordeaux. Encouragés par une frange des utilisateurs connectés, ils choisissent leur cible au hasard : « « On fait un jeu, on a deux coups chacun, si y a pas de K.O. en deux coups, l’autre finit ! » Les garçons de 15 et 16 ans ont été mis en examen, et leur victime a dû être hospitalisée.

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