Lycéen frappé par un policier: Le procès pourrait être renvoyé

JUSTICE L'avocat du jeune homme veut que l'affaire soit jugée par une formation collégiale et non par un seul juge...

Clémence Apetogbor

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Une vidéo montrant un policier frapper un jeune homme a été publiée sur YouTube ce 24 mars 2016.

Une vidéo montrant un policier frapper un jeune homme a été publiée sur YouTube ce 24 mars 2016. — YouTube

Le procès du policier qui avait frappé un lycéen de 15 ans à Paris le 24 mars, qui doit avoir lieu ce jeudi, pourrait être renvoyé à la demande de l’avocat de l’adolescent.

Il est prévu que le gardien de la paix de 26 ans comparaisse devant un juge unique, ce que refuse Me Arié Alimi, qui défend le jeune lycéen et exige que l’affaire soit jugée « à sa juste valeur ». Le recours au juge unique est en théorie réservé aux affaires les moins graves et les moins complexes.

Emoi national

Cette affaire avait suscité un émoi national, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve se disant « choqué » après avoir vu la vidéo de la scène. Si Me Alimi obtient que l’affaire soit au contraire jugée en formation collégiale, c’est-à-dire par un ou une juge, et deux assesseurs, le procès serait renvoyé à l’automne.

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La décision sera prise à l’audience jeudi, qui se tiendra dans un contexte bien particulier : le même jour qu’une nouvelle journée de mobilisation contre la loi travail, et alors que des syndicats de policiers ont appelé à manifester le 18 mai pour dire « stop à la haine anti-flic ».

Etendre l’affaire à toutes les victimes

Pour l’avocat du jeune garçon, en cas de renvoi, il s’agira déjà de faire reconnaître l’étendue de ses blessures. « Il a le nez fracturé », explique-t-il, mais l’unité médico-judiciaire qui l’a examiné « n’a même pas fait de radio ».

L’avocat veut aussi étendre l’affaire à tous les jeunes victimes selon lui de violences et aux policiers susceptibles d’y avoir participé ce jour-là, en marge d’une manifestation contre la loi travail, et aux abords de ce lycée du XIXème arrondissement.

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Une manière pour l’avocat, connu pour son engagement contre les violences policières, de dépasser la seule vidéo. C’est cet enregistrement qui a valu au gardien de la paix 48 h de garde à vue à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), et d’être poursuivi pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique.

Ce délit est passible de trois ans d’emprisonnement.