Des djihadistes à Raqqa, en Syrie, en janvier 2014.
Des djihadistes à Raqqa, en Syrie, en janvier 2014. - Uncredited/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Beaumont-en-Véron (Indre-et-Loire),

Des vignes à perte de vue. Et une centrale nucléaire à deux kilomètres à travers bois. C’est la petite bourgade de Beaumont-en-Véron (Indre-et-Loire) qui doit accueillir, dès cet été, le premier centre de prévention de la radicalisation en France. Manuel Valls a annoncé, lundi, que ce département abriterait la première des treize structures de ce type visant à réinsérer dans la société quelques-uns des 1.600 jeunes tentés par le djihad en Syrie ou en Irak. 20 Minutes s’est procuré le programme qui les attend…

Beaumont-en-Véron doit accueillir le premier centre de prévention de la radicalisation en France.
Beaumont-en-Véron doit accueillir le premier centre de prévention de la radicalisation en France. - V.VANTIGHEM
  • Quel profil ont les jeunes qui seront hébergés dans le centre de prévention ?

« Il ne s’agit pas de terroristes ! », martèle Bernard Château, le maire (sans étiquette) de Beaumont-en-Véron. Le centre de prévention doit, en réalité, héberger, sur la base du volontariat, une trentaine de personnes âgées de 18 à 30 ans qui ont été tentées de partir faire le djihad en Syrie ou en Irak.

Bernard Château, maire (sans étiquette) de Beaumont-en-Véron
Bernard Château, maire (sans étiquette) de Beaumont-en-Véron - V.VANTIGHEM

« Ces jeunes ne font pas l’objet de poursuites judiciaires, indique une source proche du gouvernement. Ils ont simplement fait l’objet d’un signalement au numéro vert anti-radicalisation pour leur comportement. » Selon un dernier décompte de Matignon, 9.300 personnes ont fait l’objet d’un signalement en France. Actuellement, 1.600 d’entre elles font l’objet d’un accompagnement.

  • Quel programme vont-ils suivre ?

Accueillis pour une durée maximale de 10 mois, les jeunes vont suivre un programme de « réinsertion et de citoyenneté ». Selon nos informations, ils se verront dispenser des conférences sur le thème de la radicalisation, de la géopolitique ou de la religion, devront se plier à des entretiens individuels avec des psychologues et des experts mais aussi participer aux tâches quotidiennes (cuisine, ménage…) dans le centre. L’élaboration d’un journal est également à l’étude. Un terrain de basket installé dans le parc doit aussi leur permettre de faire du sport.

  • Quelles seront les conditions de sécurité autour du parc ?

Accueillis sur la base du volontariat, ces jeunes – qui ne font pas l’objet de poursuites judiciaires – pourront bénéficier de « bons de sortie », notamment le week-end. En dehors de cela, « ils devront se plier au règlement intérieur du centre », indique Bernard Château, le maire de Beaumont-en-Véron.

>> Terrorisme : Le centre de Beaumont-en-Véron fait déjà polémique

Selon nos informations, l’enceinte de l’ensemble du parc doit être équipée, d’ici cet été, d’un système de vidéosurveillance « pour la sécurité des jeunes mais aussi des riverains ». En dehors des heures de cours ou de conférences, les jeunes pourront disposer de leurs téléphones portables.

  • Comment ces jeunes seront-ils encadrés ?

A l’heure actuelle, le centre de Beaumont-en-Véron salarie 37 personnes chargées d’épauler des mineurs isolés étrangers. Parmi elles, une quinzaine d’éducateurs qui s’occupaient jusqu’à présent de mineurs isolés étrangers. « Certains ont peur et hésitent à se lancer dans cette aventure, indique Jean-Louis Salvaing, représentant du personnel (FSU). Mais ce projet est aussi un moyen, pour eux, de garder leur emploi. »

En cas d’accord, ils suivront une formation spécifique très rapidement. Une liste d’ouvrages sur le sujet leur a déjà été communiquée en guise de préambule. Dans leur travail, ces éducateurs seront également épaulés par des psychologues et des experts, extérieurs au centre.

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