Mode islamique: Laurence Rossignol précise, mais maintient ses critiques

RELIGION «Quand on cache les corps des femmes, quand on les dissimule, quand on les efface, derrière, pas loin, il y a leur dissimulation et leur effacement de l’espace public », a-t-elle insisté...

20 Minutes avec AFP

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La ministre en charge du droit des Femmes, Laurence Rossignol, le 18 février 2016.

La ministre en charge du droit des Femmes, Laurence Rossignol, le 18 février 2016. — CHAMUSSY/SIPA

Laurence Rossignol, la ministre des Droits des femmes, est revenue sur la polémique qu’elle avait suscitée en début de semaine sur la mode islamique, qu’elle avait critiquée. La discussion sur la mode islamique concerne celle qui « couvre le corps des femmes de la tête aux pieds, y compris les mains et le visage, même si c’est interdit » en France, a-t-elle précisé ce jeudi, écartant le voile de ses commentaires.

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Le Premier ministre Manuel Valls « a clairement dit que la discussion n’était pas sur les fichus », a insisté la ministre sur France Inter. « On peut se poser la question : “Pourquoi faudrait-il cacher le corps des femmes ?”, interroge Laurence Rossignol. Je pense que quand on cache les corps des femmes, quand on les dissimule, quand on les efface, derrière, pas loin, il y a leur dissimulation et leur effacement de l’espace public. »

« Les vêtements que vous voulez, ça a été une conquête des femmes »

« Je n’ai pas de discours sur les femmes voilées, j’ai un point de vue sur la signification symbolique pour toutes les femmes de ce qu’est de dissimuler leur corps dans sa quasi-totalité », a insisté Laurence Rossignol, évoquant les burkinis, « sorte de combinaison de plongée pour cacher la peau ».

« Qu’on appelle ça la mode pudique, la mode modeste, je me dis : “Quelle image ça renvoie des autres femmes, c’est-à-dire celles qui, justement, ne portent pas ces maillots de bain pudiques ?” », s’insurge-t-elle.

Interrogée sur les propos de la sénatrice EELV Esther Benbassa jugeant que le voile n’était pas plus aliénant que la mini-jupe, Laurence Rossignol a rétorqué qu’elle ne connaissait pas « de pays dans lesquels les femmes se faisaient lapider parce qu’elles refusaient de porter des mini-jupes ».

« En revanche, des pays dans lesquels les femmes sont sanctionnées, punies, parce qu’elles refusent de porter une tenue islamique, j’en connais. Donc la comparaison me paraît un peu absurde », a-t-elle estimé. Porter « les vêtements que vous voulez, ça a été une conquête des femmes (…). Il y a des millions de femmes qui vivent dans des pays où elles n’ont pas le choix ».