Air France: Des hôtesses refusent de se voiler lors des escales en Iran

POLEMIQUE Des syndicats demandent que les hôtesses puissent « avoir le droit de refuser » d’aller à Téhéran sans être pénalisées…

M.B.

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Un A380 de la compagnie Air France au décollage à Roissy Charles-de-Gaulle, le 29 novembre 2015

Un A380 de la compagnie Air France au décollage à Roissy Charles-de-Gaulle, le 29 novembre 2015 — M.ASTAR/SIPA

Huit ans après avoir été interrompue, la liaison aérienne entre Paris et Téhéran va reprendre le 17 avril. Après la signature de l’accord sur le nucléaire conclu avec le régime islamique, les relations commerciales entre les deux capitales connaissent un nouveau départ.

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Au moment où l’Iran devient une destination touristique qui séduit de plus en plus, Air France compte bien profiter aussi de ce marché. Mais cela n’est pas forcément au goût des hôtesses de l’air. En effet, selon Françoise Redolfi secrétaire du syndicat UNSA PNC interrogé par Francetvinfo, un mémo interne à la compagnie explique « que les femmes seraient obligées de porter un pantalon, une veste longue, et de se voiler les cheveux dès la sortie de l’avion », comme l’exige la loi iranienne depuis la révolution de 1979.

« La contrainte » dénoncée

Pas question « de porter un jugement sur le port du voile en Iran ». Mais Flore Arrighi, présidente de l’Union des navigants de l’aviation civile (Unac) dénonce « la contrainte ». Elle demande que les hôtesses puissent « avoir le droit de refuser cette mission » et d’obtenir un « nolontariat ». « Il s’agirait d’avoir la possibilité de refuser de se rendre à Téhéran sans retenue de salaire, de mention dans le dossier professionnel ou de déstabilisation dans les plannings", explique Francetvinfo.

« On ne peut pas obliger les hôtesses qui ne le souhaitent pas à porter le voile, pour des raisons de liberté individuelle », abonde sur Europe 1 Françoise Redolfi.

Interrogée par l’AFP, Air France a expliqué que ses équipages étaient « tenus, comme tous les visiteurs étrangers, de respecter les lois des pays dans lesquels ils se rendent ». « La loi iranienne impose le port d’un voile couvrant les cheveux, dans les lieux publics, à toutes les femmes présentes sur son territoire. Cette obligation, qui ne s’applique donc pas durant le vol, est respectée par toutes les compagnies aériennes internationales desservant la République d’Iran », souligne la compagnie aérienne. Elle fait valoir que l’obligation de port d’un foulard dans certaines escales « n’est pas nouvelle », puisqu’elle fut appliquée notamment en Arabie Saoudite, et à l’époque où Air France desservait Téhéran.

« Trouver le meilleur compromis »

La direction de la compagnie assure écouter les salariés afin de « trouver le meilleur compromis ». Une réunion s’est tenue vendredi avec le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et une décision est attendue pour le début de la semaine.

A cette occasion, Christophe Pillet, élu du SNPNC au Comité central d’entreprise a demandé à la direction, conjointement avec l’Unsa, de « mettre en place un volontariat » afin de ne « pas porter atteinte à la liberté de conscience » de certaines hôtesses. « Mais la direction campe sur ses positions, alors que ça fait des mois qu’on l’alerte là-dessus. Elle parle de sanctions pour celles qui refuseront », a regretté Christophe Pillet. Selon lui, Air France « a le temps de recenser les personnels volontaires, qui pourraient suffire à assurer la liaison ».

D’ici là, l’Unac a alerté la ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol, qui s’est illustrée cette semaine avec une polémique sur les vêtements islamiques.

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