Laurence Rossignol compare les femmes voilées aux «nègres américains qui étaient pour l'esclavage»

POLEMIQUE La ministre du droit des Femmes a commencé par taxer d'«irresponsables» les marques qui se lancent dans la mode islamique pour finir par une comparaison des plus douteuses...

M.P.

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Laurence Rossignol, le 8 juin 2015 à Dijon.

Laurence Rossignol, le 8 juin 2015 à Dijon. — Tardivon JC/SIPA

Dolce et Gabbana, Marks and Spencer et bientôt H & M et Uniqlo…. Les grandes marques se lancent sur le marché de la mode islamique, de la vente du hidjab au burkini, qui serait estimé à environ 450 millions d’euros d’ici trois ans

Et ces initiatives ne sont pas pour plaire à tout le monde, notamment à la ministre en charge du droit des Femmes, Laurence Rossignol. « On ne peut pas admettre que c’est banal et anodin que de grandes marques investissent ce marché et mettent les femmes musulmanes dans la situation de devoir porter ça. C’est irresponsable de la part de ces marques. Tous ceux qui participent de la représentation de la société ont une responsabilité »,a-t-elle expliqué ce mercredi sur RMC.

« L’enjeu c’est le contrôle social sur les corps des femmes »

Mardi, déjà, elle avait réagi sur Twitter à un article du Parisien sur le sujet, expliquant qu’H & M se lançait discrètement sur ce secteur.

 

« Ce qui m’a frappé ce sont les arguments de ces marques, qui disent ne faire la promotion d’aucun mode de vie. Mais c’est lié », insiste Laurence Rossignol. « L’enjeu c’est celui du contrôle social sur les corps des femmes. Lorsque des marques investissent ce marché de la tenue islamique, ils se mettent en retrait de leur responsabilité sociale et font la promotion de cet enfermement du corps des femmes », s'est-elle agacé. Une colère qui a amené la ministre à déraper. Interrogée par Jean-Jacques Bourdin sur les femmes qui choisissent seule de porter le voile, Laurence Rossignol a répondu: «Il y avait aussi des nègres américains qui étaient pour l'esclavage. Je crois que ces femmes sont pour beaucoup d'entre elles des militantes de l'islam politique. Je les affronte sur le plan des idées et je dénonce le projet de société qu'elles portent. Je crois qu'il peut y avoir des femmes qui portent un foulard par foi et qu'il y a des femmes qui veulent l'imposer à tout le monde et qui en font une règle publique ».

Une sortie qui n'est pas passée inaperçue sur les réseaux sociaux:

Certains ont fait le lien entre la campagne du gouvernement contre le racisme engagée la semaine dernière et la phrase de la ministre:

Des internautes ont même lancé une pétition appelant à la démission de la ministre: