Des plaquettes de pilules contraceptives.
Des plaquettes de pilules contraceptives. - SERGE POUZET/SIPA

« C’est gravissime, on ne peut pas laisser les choses en l’état et la loi doit s’appliquer partout », a estimé aujourd’hui Annie Carrareto. L’administratrice du Planning familial de la Gironde venait de confirmer « la suspension pour une semaine » de Bruno Pichon par le conseil de discipline de l’Ordre des pharmaciens, évoquée par le quotidien régional Sud Ouest.

Il s’est vu notifier par ses pairs une interdiction provisoire d’exercer

Ce pharmacien de Salleboeuf, petite commune de 2.200 habitants située dans l’Entre-deux-Mers, s’est, en effet, vu notifier par ses pairs une interdiction provisoire d’exercer pour avoir refusé de vendre des contraceptifs « par conviction religieuse ».

« Nous avons été contactés en janvier par deux clientes de l’officine de M. Pichon à qui on avait refusé la distribution de contraceptifs prescrits par des médecins », a raconté Annie Carrareto. « Envoyées sur place le 12 janvier, deux de nos militantes ont essuyé le même refus après avoir demandé un stérilet et une pilule du lendemain prescrits par un médecin du Planning familial. »

Le Planning en a informé l’Ordre des pharmaciens qui « venait de suspendre pour une semaine à partir du 2 mai 2016, le même pharmacien après une plainte similaire ».

Déjà condamné pour « refus de distribution de contraceptifs » en 1995

Bruno Pichon avait été condamné en première instance pour « refus de distribution de contraceptifs » en novembre 1995. Le pharmacien avait alors épuisé sans succès toutes les procédures auprès de la Cour d’appel, de la Cour de cassation et de la Cour européenne des droits de l’Homme.

Saisie en dernier recours, la juridiction européenne avait statué qu’il « ne pouvait faire prévaloir ses convictions religieuses pour justifier ce refus de vente », précise Sud Ouest.

Quinze ans plus tard, Bruno Pichon, ne vend toujours pas de contraceptifs

Quinze ans plus tard, la seule pharmacie de Salleboeuf, toujours gérée par Bruno Pichon, ne vend donc toujours pas de contraceptifs. Le Planning familial girondin a alerté les élus, la préfecture de Gironde et l’Agence régionale de santé (ARS). A ce jour seule l’ARS a répondu, en acceptant de recevoir les représentants du Planning ce 18 mars.

 

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Pour rappel, le Code de la Santé publique n’autorise le pharmacien à refuser de dispenser un médicament que dans le cas où la santé du patient l’exige. Il doit alors notifier son refus et ses raisons sur la prescription médicale. « Or, le 12 janvier dernier, a souligné Annie Carrareto, cela n’a pas été fait dans l’officine de M. Pichon. »

Le pharmacien girondin a de son côté confirmé, ce mardi, sa suspension. Il s’est cependant refusé à tout autre commentaire.

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