Des jeunes se forme dans l'école 42 créée et financee par Xavier Niel le 16 janvier 2016. Credit:MASTAR/SIPA
Des jeunes se forme dans l'école 42 créée et financee par Xavier Niel le 16 janvier 2016. Credit:MASTAR/SIPA - SIPA

Quelle filière choisir pour être sûr(e) de trouver du boulot à la sortie ? C’est l’éternelle question des collégiens et des lycéens au moment de s’orienter. Pour les y aider le Centre d’information et de documentation jeunesse (CIDJ) publie chaque année son Guide des secteurs qui recrutent*. Et avec Lien : le départ en retraite de près de 8 millions de baby-boomers d’ici à 2020 (soit 31 % de la population active), des places seront à prendre. 20 Minutes dévoile en avant-première les créneaux les plus porteurs.

Pour les jeunes avec peu ou pas de qualification

Comme l’an dernier, le secteur des services à la personne reste moteur en termes d’emploi avec 322.000 postes à pourvoir sur la période 2012-2022 (dont 159.000 créations nettes). « En 2015, les entreprises du secteur prévoyaient déjà 73.500 embauches pour des emplois d’aides à domicile, d’aides ménagères, de travailleuses familiales, d’auxiliaires de vie, d’employés de maison, de personnels de ménage. Une croissance des besoins due au vieillissement de la population », décrit Michel Tardit, coordonnateur du Guide des secteurs qui recrutent du CIDJ. Des postes qui ont du mal à trouver preneurs car 70 % sont proposés à temps partiel et donc à des rémunérations peu élevées.

La santé sera aussi très pourvoyeuse d’emplois dans les prochaines années avec 233.000 postes d’aides soignants, d’aides médico-psychologiques, d’auxiliaire de puériculture et d’assistants médicaux à saisir à l’horizon 2022. « Au total, 103.000 créations nettes d’emplois de ce type sont prévues d’ici huit ans, notamment en raison de l’effet papy boom et là encore, du vieillissement de la population », explique Michel Tardit.

La distribution offre aussi un vivier d’emplois important pour les personnes peu qualifiées, avec 48.000 départs à remplacer d’ici à 2022 à des postes de caissiers et d’employés libres services. En outre, 232.000 postes de vendeurs sont à pourvoir d’ici à 2022 dont 100.000 créations d’emploi prévues (des postes qui peuvent aussi être occupés par des titulaires de bac pro et de BTS).

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Autre filière porteuse :l’hôtellerie-restauration qui vise 224.000 postes à pourvoir d’ici 2022. « 64 % des jeunes travaillant dans le secteur n’ont aucune formation spécifique et exercent par exemple, le métier de commis de cuisine, de garçon de café, d’employé de restaurant, d’employé polyvalent de restauration rapide, d’employé de restauration collective, de barman, de réceptionniste, de bagagiste, ou de femme de chambre », détaille Michel Tardit.

Enfin, le secteur de la sécurité sera très en demande de candidats avec 73.000 postes d’agents de gardiennage et de sécurité à pourvoir d’ici huit ans. « Les besoins seront notamment très forts en 2016 avec la tenue de l’Euro à Paris », prévient-il.

Pour les jeunes diplômés 

Avec des départs en retraite prévus jusqu’en 2020, le secteur banque-assurance doit pourvoir 248.000 emplois à horizon 2022. « Il recrute beaucoup de jeunes (deux tiers des embauches). Pour remporter le défi numérique et faire face aux nouvelles réglementations, il cherche désormais des profils plus pointus : du coup, 75 % des recrutements requièrent désormais au minimum un bac +2 », observe Michel Tardit. Les commerciaux sont les profils les plus recherchés dans ce secteur.

L’informatique continue sur sa lancée et prévoit 190.000 postes à pourvoir d’ici à 2022 (dont 90.000 créations nettes). « Les trois quarts de ces recrutements concerneront des ingénieurs et un quart des techniciens », indique Michel Tardit. Ces derniers seront aussi bien embauchés par des entreprises du secteur numérique (ex SSII), des sociétés d’ingénierie et de conseil en technologies que par des éditeurs de logiciels. Une croissance des embauches portée par le développement ducloud computing, du big data, de la cyber-sécurité, du paiement sans contact…

Loin d’être un secteur uniformément en déclin en termes d’opportunités professionnelles, l’industrie va recruter des ouvriers qualifiés, des techniciens et des ingénieurs dans plusieurs filières : la métallurgie (environ 100.000 postes à pourvoir par an sur la période 2015/2020), la chimie (12 000 jeunes à l'horizon 2017), l’aéronautique (entre 10.000 embauches par an)… Portée par la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015, l’énergie devrait aussi créer 100.000 emplois d’ici à 2018, dont 30.000 dans les énergies renouvelables. « Les diplômés dans les domaines de l’exploitation, de la maintenance, de l’électricité, des automatismes et de la chaudronnerie sont très recherchés, ainsi que des ingénieurs d'études en efficacité énergétique, en génie énergétique, en énergies renouvelables», souligne Michel Tardit.

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S’il la fait grise mine ces dernières années, le BTP devrait aussi reprendre du poil de la bête. La rénovation énergétique des logements et leur adaptation au vieillissement de la population, combinées au grand nombre de départs en retraite vont contribuer à mettre 554.000 postes sur le marché, pour la période 2012-2022. Plus de 300.000 postes seront dédiés aux ouvriers qualifiés, mais le secteur recrutera aussi beaucoup de techniciens, de chargés d’études, d’ingénieurs, de chefs de chantier…

Enfin,l’économie sociale et solidaire, qui a créé 400.000 emplois nouveaux ces dix dernières années, n’en a pas fini. « A l’horizon 2020, 608.000 emplois (soit un quart des salariés du secteur) seront à renouveler en raison des départs en retraite et le gouvernement vise la création d’au moins 100.000 emplois à travers la loi sur l’économie sociale et solidaire », note Michel Tardit. Parmi les profils qui seront recherchés : les animateurs socioculturels, les animateurs sportifs, les éducateurs spécialisés, les assistants sociaux…

*Ce guide s’appuie sur les travaux de France Stratégie, de la Darès, des branches professionnelles, et sur l’enquête Besoin en main-d’œuvre de Pôle emploi.

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