Ingvar Kamprad, ici en 2012, a bâti sa fortune en fondant Ikea.
Ingvar Kamprad, ici en 2012, a bâti sa fortune en fondant Ikea. - FABRICE COFFRINI / AFP

Un comportement digne de Laszlo Carreidas, le milliardaire pingre créé par Hergé dans Vol 714 pour Sydney. Le fondateur d' Ikea, Ingvar Kamprad, l’une des plus grosses fortunes mondiales, a confié dans un documentaire diffusé mercredi soir en Suède qu’il s’habillait sur les marchés aux puces afin de faire des économies !

M. Kamprad, qui fêtera ses 90 ans le 30 mars, a toujours assumé son souci maniaque de dépenser le minimum, qui explique en bonne partie comment le commerce qu’il a monté dans la campagne suédoise en 1943 est devenu numéro un mondial de l’ameublement. Sa fortune est d’ailleurs estimée à environ 65 milliards d’euros, selon la presse suédoise.

Maître de l’exil fiscal

"C’est dans la nature du Småland [la région agricole du sud de la Suède où il est né, ndlr], je crois, d’être économe", a-t-il affirmé à la chaîne suédoise TV4. "Si vous me regardez, je pense ne rien porter qui n’ait pas été acheté à un marché aux puces. Cela implique que je veux montrer un bon exemple, et pas seulement parler de contrôler les coûts", a-t-il illustré.

Si la pingrerie de M. Kamprad a été à l’origine d’idées lucratives, comme la généralisation du meuble en kit emballé à plat pour gagner du volume, elle a revêtu des aspects plus sombres. L’entrepreneur a consacré beaucoup d’énergie à fuir les impôts, d’abord en quittant la Suède fiscalement tout en y laissant le cœur de l’entreprise Ikea, puis en montant une structure complexe et opaque qui permet de limiter l’imposition des bénéfices, envoyés aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Suisse et au Liechtenstein.

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