Christophe Naudin à son arrivée le 4 mars 2016 à Saint-Domingue
Christophe Naudin à son arrivée le 4 mars 2016 à Saint-Domingue - STR ES afp

L’heure de vérité approche pour Christophe Naudin. L’expert français en sécurité aérienne, extradé d’Egypte vers la République dominicaine a comparu mardi devant un juge pour son implication dans l’évasion des deux pilotes français de l’affaire dite « Air Cocaïne ». Il sera fixé sur son sort jeudi, a annoncé son avocat.

Depuis son extradition d’Egypte, dans la nuit de jeudi à vendredi, Naudin est détenu au Palais de justice de Saint-Domingue. Le tribunal doit notamment se prononcer sur d’éventuelles mesures préventives à l’encontre du Français, pouvant aller jusqu’à un placement en détention provisoire dans l’attente de son procès. Ce nouveau délai intervient à la demande de la défense de Christophe Naudin, représenté par Me Miguel Valerio, afin de prendre connaissance du dossier.

« Un risque sérieux de fuite »

Un peu plus tôt dans la journée de mardi, le procureur général de la République dominicaine a estimé qu’il existait un « risque sérieux » de fuite de Christophe Naudin, quelques heures avant la comparution du Français. « Il existe des menaces sérieuses qui, s’il venait à obtenir sa liberté, pourraient (être mises à exécution), à travers des mécanismes ou des manœuvres comme celles qui ont été utilisés avec les deux pilotes », a-t-il ajouté en référence à un tweet du député européen Aymeric Chauprade promettant de se « battre pour sortir Christophe Naudin de la République dominicaine ».

La République dominicaine avait émis un mandat d’arrêt fin novembre contre Naudin, criminologue et spécialiste de la sûreté aérienne, pour sa participation à l’évasion des pilotes français Pascal Fauret et Bruno Odos, condamnés à 20 ans de prison pour trafic de drogue.

« Cauchemar »

Les deux pilotes avaient été arrêtés en mars 2013 par les autorités dominicaines, aux commandes d’un avion de location chargé de valises contenant 680 kg de cocaïne. Anciens militaires reconvertis dans l’aviation d’affaires, ils ont toujours clamé leur innocence et ont fui vers la France le 28 octobre, alors qu’ils attendaient l’examen de leur appel. Leur condamnation a été confirmée en appel le 11 février par la justice dominicaine.

Un autre mandat d’arrêt, également émis fin novembre par la République dominicaine, vise deux autres Français : Aymeric Chauprade et Pierre Malinowski, alors assistant parlementaire de M. Chauprade et de l’ancien président du Front national (extrême droite) Jean-Marie Le Pen, pour leur implication présumée dans l’évasion des pilotes.

« L’exfiltration a été (…) une ingérence dans les affaires dominicaines, je leur demande pardon », a écrit Aymeric Chauprade dans un communiqué transmis mardi soir à l’AFP. Mais Christophe Naudin « n’a commis aucun crime, aucune violence et pourtant son rêve de justice est en train de se transformer en cauchemar », a-t-il estimé.

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