François Hollande au Salon de l'agriculture, le 27 février 2016.
François Hollande au Salon de l'agriculture, le 27 février 2016. - Christophe Petit Tesson/AP/SIPA

Le Salon de l’agriculture s’est achevé dimanche. Cette 53e édition a été marquée par une bronca sans précédent contre le président François Hollande, expression de la colère et du désespoir d’agriculteurs étranglés par la crise de l’élevage.

Le salon a vu sa fréquentation baisser de 11% par rapport à 2015. Plus de 611.000 visiteurs auront arpenté les allées de la plus grande ferme de France pendant les 9 jours qu'aura duré le Salon, selon ses organisateurs. Le pic a eu lieu samedi 5 mars «où on a frôlé les 90.000 visiteurs». C'est moins que les années précédentes. En 2015, le Salon avait reçu 691.000 visiteurs, et 703.000 en 2014.

«On a vécu les attentats du 13 novembre, la crise agricole, la crise économique», a déclaré le président du salon, Jean-Luc Poulain, pour expliquer cette baisse devant des journalistes.

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L’édition 2016 du Salon a été marquée par la crise que traversent plusieurs filières agricoles, dont l’élevage.

Dès l’inauguration, des éleveurs en colère ont montré leur malaise en accueillant le président François Hollande par des huées accompagnées d’insultes et d’appels à la démission. « Il s’en fout complètement de nous », « Bon à rien », « On n’est pas des migrants », « Connard », « Fumier », ces éleveurs n’ont pas mâché leurs mots, exprimant le désespoir d’une profession au bord du gouffre.

Puis, des dizaines de manifestants de la FNSEA ont démonté le stand du ministère de l’Agriculture et protesté à grands coups de sifflet, poussant les CRS à intervenir.

« Une édition exceptionnelle »

Le chef de l’Etat a quitté le salon après environ six heures de visite, soit la plus courte depuis le début de son quinquennat. Deux jours plus tard, les éleveurs ont réservé un accueil tendu mais sans violence à Manuel Valls. Le premier ministre a reçu les représentants des filières d’élevage et a cherché à les rassurer.

C’est également ce qu’a cherché à faire le commissaire européen à l’Agriculture Phil Hogan - dont Marine Le Pen a dit « vouloir la peau » - qui a fait mercredi une visite discrète au Salon, sans déambuler dans les allées mais en prenant part à une réunion avec le ministre Stéphane Le Foll et les représentants de l’élevage français.

Mais ce 53e Salon de l’Agriculture « restera une édition exceptionnelle, avec un état d’esprit très difficile au départ », déclare-t-il. « C’est retombé, mais la colère et le désarroi sont toujours là ».

Outre les mesures au niveau européen, les agriculteurs attendent que l’Etat prenne les choses en main concernant les relations entre la grande distribution et ses fournisseurs en revoyant la loi de modernisation de l’économie (LME), alors que les négociations annuelles viennent de s’achever dans un climat tendu.

« S’il faut légiférer pour encadrer davantage, nous le ferons », a prévenu Manuel Valls lundi. François Hollande avait déjà annoncé deux jours plus tôt qu’il voulait modifier la LME « avant l’été » pour protéger les producteurs. En attendant, les éleveurs ont reçu le soutien du grand public. « Tout le monde veut acheter les T-shirts » noirs portant la mention « Je suis éleveur, je meurs », ajoute-t-il.

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