Des bénévoles accueillent des réfugiés venus de Syrie et d'Irak à leur arrivée à Cergy près de Paris mercredi 9 septembre. La France s'est engagée à accueillir 24.000 migrants de plus sur deux ans.
Des bénévoles accueillent des réfugiés venus de Syrie et d'Irak à leur arrivée à Cergy près de Paris mercredi 9 septembre. La France s'est engagée à accueillir 24.000 migrants de plus sur deux ans. - Jacky Naegelen/AP/SIPA

Accueillir 24.000 réfugiés sur deux ans dans le cadre des quotas européens, François Hollande s’y était engagé lors de la sixième grande conférence de presse de son quinquennat, le 7 septembre 2015, alors que la France s’était déjà engagée en juillet à recevoir 6.700 réfugiés. Six mois plus tard, seuls 135 réfugiés sont arrivés en France dans le cadre du plan de répartition de la Commission européenne, selon les chiffres de la direction générale des étrangers en France (DGEF).

Un démarrage laborieux

Face à l’afflux sans précédent de migrants débarquant sur les côtes italiennes et surtout grecques, l’Union européenne a en effet décidé en septembre 2015 de mettre en place un mécanisme de relocalisation entre Etats membres des demandeurs d’asile. Dans ce cadre, la France s'est engagée à accueillir un total de 30.700 demandeurs d'asile sur une période de deux ans, à partir de novembre 2015, précise la DGEF. Un objectif encore loin d’être atteint.

Seuls 135 réfugiés syriens, irakiens et érythréens sont arrivés en France à ce jour dans le cadre du plan de relocalisation depuis novembre 2015. Il s’agit « majoritairement de personnes isolées, mais il y a aussi quelques familles », précise la DGEF à 20 Minutes. Parmi eux, 94 avaient été enregistrés en Grèce et 41 en Italie.

Ils ont été répartis dans des Centres d’accueil de demandeurs d’asile (CADA), en Loire-Atlantique pour 84 d’entre eux et en région lyonnaise pour 51 autres. S’il n’a été prévenu qu’une quinzaine de jours à l’avance de l’arrivée de 51 demandeurs d’asile, Pierre Viré, directeur du CADA de Miribel, affirme que « grâce au travail extraordinaire de son équipe, tout était fin prêt le jour J ».

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642 demandeurs d’asile relocalisés en Europe

Mais cette mise en place laborieuse n’est pas une exception française. A ce jour, seuls 642 demandeurs ont effectivement été transférés vers des Etats participant au mécanisme. « Après des difficultés de démarrage, le dispositif de relocalisation mis en place par la commission commence à monter en puissance », affirme la DGEF. Le directeur de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), Pascal Brice, reconnaît que la relocalisation « a mis du temps à démarrer ».

En effet, les « hotspots », ces centres dédiés à l’enregistrement des réfugiés dans les pays où ils sont les plus nombreux à arriver, la Grèce et l’Italie, ont pris du retard et ne sont pleinement opérationnels que depuis la mi-février. En outre, « il y a peu de candidats pour la France », note Pascal Brice, de très nombreux migrants préfèrant aller en Allemagne. Mais le système va monter en puissance, assure la DGEF. L’Hexagone devrait accueillir 2.200 demandeurs d’asile supplémentaires, dont 284 d’ici la fin du mois de mars.

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Des délais de réponse plus courts

Comment s’organise l’accueil des réfugiés relocalisés ? Le passage dans les « hotspots », où leur demande d’asile est enregistrée, leur permet de gagner du temps. Une fois transférés en France, ils sont hébergés dans des CADA en attendant le verdict de l’Ofpra qui accorde ou non le statut de réfugié. Depuis un an, l’agence s’efforce de réduire les délais de réponse. « Nous avons réduit le nombre de dossiers en attente de 30 % et leur âge moyen est passé de sept à quatre mois », précise Pascal Brice.

Les 19 Érythréens relocalisés en Loire-Atlantique le 6 novembre dernier ont obtenu le statut de réfugié en trois semaines. Ils vont pouvoir s’installer prochainement dans des logements de droit commun vacants.

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Cette attribution accélérée des titres de séjour « pose néanmoins question du point de vue de l’insertion des réfugiés », s’inquiète Pierre Viré, également préoccupé par la réduction du nombre d’heures de cours de français dispensés aux réfugiés. « Accélération ne doit pas être synonyme de précipitation », insiste-t-il. D’autant plus que les efforts doivent se poursuivre afin d’atteindre l’objectif d’accueillir 30.700 réfugiés d’ici novembre 2017.

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Mécanisme de relocalisation des réfugiés (fin février 2016)
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