Des enfants d'une famille irakienne réfugiée dans leur logement à Bessancourt (Val-d'Oise), le 2 janvier 2016.
Des enfants d'une famille irakienne réfugiée dans leur logement à Bessancourt (Val-d'Oise), le 2 janvier 2016. - JEROME MARS/JDD/SIPA

Le programme de relocalisation des demandeurs d’asile arrivant de Grèce et d’Italie vers la France se met très lentement en place. Le gouvernement s’est engagé à prendre charge 31.000 réfugiés en deux ans, sur un objectif européen total de 160.000 personnes à relocaliser. Six mois après sa nomination, le coordinateur national de l’accueil des réfugiés Kléber Arhoul a dressé ce mercredi un bilan devant la mission parlementaire chargée «des mécanismes européens des flux migratoires exceptionnels». Retour sur les principaux points évoqués par le préfet…

« Une crise migratoire grave »

« Je pense que les flux migratoires seront de plus en plus importants », remarque Kléber Arhoul. En décembre 2015, 1.005.504 migrants sont entrés en Europe, selon l’Organisation internationale pour les migrants et le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés. Et depuis le début de l’année 2016, « la crise migratoire est grave, avec des flux très élevés », de l’ordre de « 60.000 entrées en Grèce », a rappelé le préfet. « C’est dix fois plus ce qui a été enregistré l’année dernière », a continué le haut fonctionnaire.

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Peu de migrants relocalisés en France 

Les arrivées sur le sol français par le programme de relocalisation (consistant à transférer les demandeurs d’asile arrivant dans les centres d’enregistrement en Grèce et en Italie vers d’autres Etats membres) sont très peu nombreuses. En effet, « la France a déjà accepté de relocaliser 1.340 personnes, et donné son accord pour 284 autres personnes », a rappelé Kléber Arhoul.

Une population au profil diversifié

La population accueillie est très majoritairement masculine, a rapporté le coordinateur. « Concernant l’offre de logement dans l’existant, les élus nous ont proposé des T4-T5, pensant que c’était des familles [qui arrivaient], mais aujourd’hui nous avons essentiellement des hommes [seuls] » en demande de studios, a précisé le coordinateur national.

Kléber Arhoul a souligné « la diversité » des professions. « Tous les migrants ne sont pas des ingénieurs en pétrochimie, ou des médecins venant de Syrie (…) Il y a des agriculteurs, des commerçants, aussi des chômeurs (…) qui veulent participer à la richesse nationale ».

Les réfugiés ne récupèrent les logements sociaux des plus précaires

Kléber Arhoul a souligné que les réfugiés n’allaient pas « préempter des places dans l’existant. » Comme l’annonçait en septembre 2015 Marie-Arlette Carlotti, alors ministre déléguée aux Personnes handicapées et à la Lutte contre l’exclusion, les réfugiés pourraient utiliser une partie des 77.310 logements sociaux vacants qui existent principalement dans les petites et moyennes villes. « On n’oppose pas deux misères. L’Etat doit construire des réponses adaptées à ces désespérances et à ces inquiétudes », a souligné le haut fonctionnaire.

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