Illustration sexisme quotidien.
Illustration sexisme quotidien. - SIPA/ RITOLA/LEHTIKUVA OY/

Les clichés sexistes ont la vie dure. Pour quatre Français sur dix, la responsabilité du violeur est atténuée si «la victime a une attitude provocante» et pour deux sur dix «une femme qui dit non, ça veut souvent dire oui».

Selon un sondage Ipsos pour l'association Mémoire traumatique et victimologie, nombre de Français (61%), et encore plus de Françaises (65%), considèrent aussi qu'un homme a plus de mal «à maîtriser son désir sexuel qu'une femme», d'après ce sondage Ipsos pour l'association Mémoire traumatique et victimologie.

«C'est le mythe sexiste d'une sexualité masculine naturellement violente, pulsionnelle et prédatrice», relève l'association dans cette première photographie des «représentations sur le viol et les violences sexuelles».

Encore la loi du silence

L'association salue également l'apport précieux des campagnes d'information, des plans gouvernementaux et «le travail énorme» des associations en ce domaine. Pourtant, en dépit de ces efforts, «loi du silence, déni, impunité, absence de reconnaissance, de protection et abandon des victimes de violences sexuelles règnent encore en maîtres», déplore la présidente de Mémoire traumatique, la psychiatre Muriel Salmona. Trop souvent encore, «la victime, c'est la coupable».

Des clichés plus ancrés chez les jeunes

Certains stéréotypes semblent particulièrement ancrés chez les jeunes: près d'un tiers (30,7%) des 18-24 ans assurent que «les femmes peuvent prendre du plaisir à être forcées lors d'une relation sexuelle». Une opinion qui pourrait être corrélée à la banalisation de la pornographie sur internet, toujours plus «hard», relève l'association.

«Force sa conjointe, ce n'est pas grave»

Une proportion non négligeable (17%) estime aussi que forcer sa conjointe à avoir un rapport sexuel alors qu'elle le refuse n'est pas un viol. Car le mythe du «vrai viol» perdure : à l'extérieur, sous la menace d'une arme, par un inconnu, à l'encontre d'une jeune femme séduisante. 

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Rien n'est plus faux. Dans 90% des cas, les victimes connaissent leur agresseur. 58% des viols sont perpétrés dans le couple et, pour les mineurs, 53% au sein du cercle familial. Plus de la moitié des sondés (55%) jugent à tort que l'espace public est le plus dangereux.

98.000 viols ou tentatives de viols par an

Le nombre annuel de viols est aussi sous-estimé : 41% des Français le situe entre 10.000 et 50.000. En réalité, la moyenne observée ces cinq dernières années fait état de 98.000 viols ou tentatives de viol, dont 14.000 sur des hommes. En tenant compte des mineurs, premières victimes des violences sexuelles, «on arriverait sûrement à un chiffre supérieur à 200.000», selon l'association. Les Français estiment que 25% des victimes portent plainte. Elles ne sont en fait que 10%.

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