VIDEO. Salon de l'agriculture: François Hollande hué et insulté par des éleveurs

AGRICULTURE Il a rappelé la baisse des cotisations mise en place par le gouvernement et appelé la grande distribution à un « effort de solidarité »…

M.C. avec AFP

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François Hollande au Salon de l'agriculture en 2014 (archive).

François Hollande au Salon de l'agriculture en 2014 (archive). — LIEWIG-POOL/SIPA

François Hollande se savait attendu. Arrivé tôt samedi matin au Salon de l’agriculture à Paris, qui s’ouvre cette année dans un climat de grande tension, le président de la République a été hué et insulté par des agriculteurs, revêtus pour certains de t-shirts noirs marqués « Je suis éleveur je meurs ».

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« Si je suis là aujourd’hui c’est pour montrer qu'il y a une solidarité nationale », et « on va tout faire » pour aider l’agriculture, car « en défendant l’agriculture je défends toute la nation », a déclaré le président, accueilli à son arrivée à 6h46 par le président de la FNSEA Xavier Beulin, entouré de membres du syndicat drapeaux à la main: «Vous arrivez dans un contexte difficile. Un contexte de crise profonde. Elle dure», lui a glissé celui-ci.

Bouse de vache jetée?

Mais le calme n'a pas duré: une heure après le début de sa visite, des éleveurs ont hué le président en scandant «Démission». «C'est l'état d'urgence pour l'élevage!», lance l'un d'eux. «Bon à rien», «on n'est pas des migrants», «connard», «fumier» et autres insultes ont fusé tandis que le président progressait au milieu d'une haie hostile d'éleveurs. «Il s'en fout complètement de nous», clame un autre. «Ca fait un an qu'on mène des actions en France, personne ne nous écoute», renchérit un troisième. Selon France Info, un agriculteur aurait même tenté de jeter une bouse de vache sur le Président.

Le président, accompagné du ministre du l'Agriculture Stéphane Le Foll, n'a pas interrompu pour autant sa visite. «Les cris de détresse, je les entends (....) La colère, je préfère qu'elle s'exprime à l'occasion de ce salon qu'à l'extérieur», et «c'est une demande très forte qui est exprimée», a déclaré le chef de l'Etat.

Il a rappelé les mesures prises par le gouvernement, dont la baisse de dix points des cotisations, et souligné qu’au conseil européen du 7 mars, il évoquerait « la crise agricole avec la question de l’embargo russe ».

« Beaucoup de désespérance, beaucoup de colère »

En outre, le président a renouvelé son appel à la responsabilité aux groupes de distribution, dont les négociations tarifaires annuelles avec leurs fournisseurs s’achèvent dans deux jours. « La grande distribution doit comprendre qu’elle doit faire un effort de solidarité et qu’elle ne doit pas faire la pression (pour qu’ils baissent leurs tarifs) sur un certain nombre de producteurs, qui ont été traités dans des conditions qui ne sont pas acceptables », a-t-il lancé.

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« Des contrôles doivent se faire, on les fait », a-t-il encore ajouté. « Vous arrivez dans un contexte difficile. Un contexte de crise profonde. Elle dure », et « il y a beaucoup de désespérance, beaucoup de colère », lui a répondu Xavier Beulin.