Il y a 100 ans commençait la bataille de Verdun

COMMEMORATION Le premier coup de canon avait retentit au matin du 21 février 1916…

A.Ch. avec AFP

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Commémoration de la bataille de Verdun, le 21 février 2016.

Commémoration de la bataille de Verdun, le 21 février 2016. — AFP / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

C’était il y a 100 ans tout juste : le matin du 21 février 1916, le premier coup de canon retentissait à Verdun, ouvrant la plus grande bataille de la Première guerre mondiale. Ce dimanche, une « évocation historique » avec figurants en costume, marche dans les bois, messe et discours va commémorer cette bataille.

« Et tout à coup ce bruit assourdissant et violent »

Dès 6h45 ce dimanche, quelque 300 personnes se sont rassemblées sous une pluie fine là où tout a commencé, au « bois des Caures », à une quinzaine de kilomètres de Verdun. Sur un petit chemin boueux éclairé à la bougie, bénévoles français et allemands en costumes d'époque ont entamé une marche, lu des documents historiques, évoqué le déluge d'obus. « Il y a exactement 100 ans, le pilonnage s'abat. Ce délire inouï est ressenti jusque dans les Vosges, à 150 km. (...) 1400 canons et mortiers vomissent près d'un million d'obus. Près de 400 canons sont concentrés sur le bois des Caures » rappelle un homme entre les bruits sourds des explosions reconstituées. « Le calme, et tout à coup ce bruit assourdissant et violent », commente avec étonnement Charles, 15 ans, venu assister aux commémorations.


Verdun : la terre recrache encore des corps de Poilus

Un participant lit ensuite des lettres rédigées à l'époque par le député de la Meuse et lieutenant-colonel Emile Driant, qui commandait deux régiments de chasseurs à pied le 21 février, et devint l'un des premiers héros français de la terrible bataile. « Beaucoup de chasseurs ne seront plus là dans 8 ou 15 jours », prophétisait l'officier dans l'une de ces lettres. Il fut lui-même tué dès le 22 février au soir, après avoir freiné l'avancée de milliers d'assaillants. Après la marche dans les bois, une messe doit être célébrée à l'ossuaire de Douaumont, nécropole nationale où reposent les ossements de 130.000 hommes, français et allemands, tombés pendant la bataille.

Commémoration de la bataille de Verdun, le 21 février 2016. - AFP / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

 

Message de paix

Outre les élus et les invités, une vingtaine de jeunes Allemands et Français ont été conviés par l'Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ) à participer à l'évocation de la bataille. Il est « important d'être la pour honorer ceux qui ont perdu la vie. Mais aussi confirmer l'amitié franco-allemande a un moment ou les nationalismes sont exacerbés », commente le secrétaire d'État aux anciens combattants et a la mémoire Jean-Marc Todeschini qui inaugurera une pierre gravée en hommage aux 56ème et 59ème Bataillons de Chasseurs à Pied, et rendra hommage à six soldats de ces unités dont les noms sont gravés sur l'Ossuaire.

Pour ne pas oublier, alors que le dernier poilu est mort en 2008, l'année 2016 sera marquée par plusieurs commémorations d'envergure, centrées sur le message de paix dont s'est parée au fil des ans cette terre laminée par les obus, où périrent en dix mois plus de 300.000 soldats des deux camps, et où au moins autant furent blessés. Le 29 mai, ils seront 4.000 jeunes français et allemands à accompagner à Verdun la chancelière Angela Merkel et le président François Hollande. Les deux dirigeants viendront en Meuse porter un message de paix, 32 ans après le geste historique de François Mitterrand et Helmut Kohl qui s'étaient recueillis main dans la main devant l'ossuaire de Douaumont.