Une salle de classe vide
Une salle de classe vide - Mychele Daniau AFP/Archives

C’est un éternel conflit entre les parents et l’Education nationale : le non-remplacement des enseignants absents. La FCPE a jeté le feu aux poudres ce vendredi en affirmant que les élèves du premier et du second degré auraient manqué au moins 6.000 jours de classe dans 57 départements depuis la rentrée de septembre et même plus vraisemblablement près de 10.000.

Des chiffres qui ne peuvent être confirmés par la rue de Grenelle, le ministère n’ayant pas encore de remontées fiables sur le sujet. « Mais même en prenant la fourchette haute de 10.000 journées d’écoles manquées donnée par le FCPE et en le ramenant aux 30 millions de journées de classe assurées depuis la rentrée rien que pour le premier degré, on arrive à un chiffre de 0,03 % de journées de classe pas remplacées », explique à 20 minutes le cabinet de Najat Vallaud-Belkacem.

Les absences de courtes durées, la vraie plaie

Ne pouvant nier ce problème de non-remplacement des enseignants qui revient chaque année, le ministère reconnaît « des difficultés ponctuelles par endroits ». Les mois de janvier et de février sont d’ailleurs traditionnellement ceux qui enregistrent le plus grand nombre de congés maladie chez les enseignants, dus en partie aux virus saisonniers. Et dans certaines académies, comme celle de Créteil par exemple, le taux d’absentéisme des enseignants est souvent plus important qu’ailleurs, en raison des difficultés d’exercice dans certains endroits. Le principal fléau est les absences de courte durée des enseignants. Car si le système éducatif couvre 96 % des absences toutes durées confondues, 80 % de celles qui ne sont pas remplacées sont de courte durée. Il en effet difficile pour les académies de remplacer au pied levé un enseignant dont on apprend l’absence le jour même.

Pour tenter de limiter la casse, le gouvernement a créé 2.172 postes de remplaçants depuis son arrivée au pouvoir en 2012. Et si ces créations étaient timides en début de quinquennat (378 en 2013), elles se sont accélérées ensuite (783 postes crées en 2014 et 1.011 en 2015). Ce qui fait qu’aujourd’hui, 8 % des enseignants du premier degré sont affectés aux remplacements. « Si les mêmes chiffres ne sont pas disponibles pour le second degré, on sait néanmoins qu’entre 2003 et 2014, le taux d’heures non assurées pour le second degré a chuté de 25 % », explique-t-on au ministère. Ainsi en 2014-2015, 2,9 % des heures de classe n’ont pas été effectuées faute de remplaçant, contre 3,9 % en 2003-2004.

Le problème loin d’être résolu

Reste que ces créations de postes ne sont toujours pas suffisantes, notamment en raison des destructions de postes de remplaçants lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy. « 1.566 postes de remplaçants ont été supprimés entre 2007 et 2012 dans le premier degré, et beaucoup dans des territoires en difficulté, comme en Seine-Saint-Denis qui a perdu 128 de ses postes affectés au remplacement », indique le cabinet de Najat-Vallaud-Belkacem.

Concernant la gestion des absences de courte durée, le ministère déclare avoir fait « un gros effort ». Alors que les remplaçants ne pouvaient intervenir que dans la circonscription au sein de laquelle ils avaient été nommés, ils peuvent désormais le faire dans la circonscription voisine. A condition de rester dans la même académie. Mais ce système plus fluide n’a pas fait disparaître pour autant les difficultés.

Pour trouver des solutions plus pérennes, la médiatrice de l’Education nationale avait plaidé en 2013 pour que des solutions soient trouvées à l’intérieur même de l’établissement (pour le second degré). Exemple : qu’un enseignant de Français puisse prendre les heures de son collègue de maths absent, moyennant compensation à son retour. Elle avait aussi proposé que les enseignants qui le souhaitent puissent enseigner dans une autre discipline que la leur en cas d’absence d’un collègue. Des idées sans doute un peu trop avant gardistes pour être suivies…

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