La façade du Bataclan à Paris, le 22 décembre 2015
La façade du Bataclan à Paris, le 22 décembre 2015 - FRANCOIS GUILLOT AFP

Trois jours après les attaques terroristes de Paris et Saint-Denis du 13 novembre 2015, la ministre de la Culture de l’époque, Fleur Pellerin, annonçait la création d’un Fonds d’Urgence au Spectacle Vivant. La semaine qui a suivi les attentats, le Prodiss, syndicat national des producteurs, évaluait à 80 % la chute des ventes de billets de concerts à Paris par rapport à la même période les années précédentes. Dans quel état se trouve aujourd’hui, plus de trois mois après les attentats, le secteur culturel, déjà fragilisé par la crise économique ? 20 Minutes fait le point.

Le fonds d’urgence sollicité par une cinquantaine de structures

Ce fonds est effectif depuis le mois de décembre, a fait savoir à 20 Minutes le ministère de la Culture. Il a été approvisionné à hauteur de 4,815 millions d’euros et son objectif est pluriel. Les salles qui le souhaitent peuvent solliciter le comité d’engagement, en charge de distribuer les sommes, pour les aider à financer les mesures prises pour améliorer la sécurité des spectateurs, comme l’achat de détecteur de métaux ou le financement du salaire d’un agent de sécurité.

Mais l’argent alloué par le fonds doit aussi permettre aux entreprises, dont la survie financière est directement menacée par la baisse de fréquentation et des recettes, de remonter la pente. Cette aide d’urgence a concerné 25 structures et s’élevait à 250.000 euros d’avance remboursables et 335.000 euros d’aides.

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Le cinéma relativement épargné 

Au fil des semaines, la chute des ventes de billetterie s’est faite moins brutale, en décembre dernier elle était évaluée à 45 %. Et la situation s’est améliorée à la fin du mois de décembre précise le ministère de la Culture, les secteurs du spectacle vivant et du patrimoine étant les plus sévèrement touchés. Si les exploitants de salles de cinéma ne peuvent pas bénéficier du Fonds d’urgence, ils disposent d’un mécanisme similaire dépendant du Centre national du cinéma.

Florence Gastaud est déléguée générale de la Société civile des Auteurs Réalisateurs et Producteurs et gère également une salle dans le 17e arrondissement de Paris : « Depuis janvier, nos coûts de sécurité ont été légèrement réduits même si on continue de faire appel à un agent lorsque nous organisons des événements. Nous avons tout de même investi dans des barrières de sécurité, un détecteur de métaux... »

Après les attentats, la gestionnaire du Cinéma des cinéastes a enregistré 1500 entrées par semaine contre 4000 entrées en temps normal. « Aujourd’hui nous sommes autour de 3000 entrées. Les gens reviennent, notamment les familles. Mais nous ne sommes toujours pas au niveau », détaille-t-elle. Rue de Valois, on tempère : « Le mois de décembre 2015 a été mois le plus fort en 35 ans en termes de fréquentation. Les salles ont, entre autres, bénéficié de 'l’effet Star Wars' », même si les chiffres diffèrent entre les petites salles indépendantes et les multiplex.

Des campagnes largement relayées

Au-delà du soutien financier, le secteur culturel a bénéficié du soutien de la ville de Paris à travers la campagne « Paris est une fête », lancée un mois après les attentats par Bruno Julliard, premier adjoint à la Maire. « Si les indicateurs récents témoignent d’une reprise progressive, il est essentiel d’accompagner et autant que possible d’accélérer le mouvement », expliquait l’élu dans un communiqué.

Le 18 décembre, plusieurs exploitants ont également lancé une opération intitulée « Ma place est dans la salle ». Joignant un affichage commun à plusieurs salles de spectacle à un hashtag lancé sur les réseaux sociaux. « Le public est invité à prendre sa place et se rendre dans les salles pour revendiquer, à travers photos, vidéos et témoignages, leur envie de continuer à aller au spectacle. Le rire, la joie et la vie, devront résonner dans toutes les salles le 18 décembre », ont lancé plusieurs acteurs du secteur.

Symbole de la persévérance des acteurs du secteur, des artistes et du public, Mardi, le groupe Eagle of Death Metal, en représentation au Bataclan le soir des attaques, se produira à l’Olympia.

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