Bernard Cazeneuve entouré du président du Consistoire central israélite de France Joël Mergui et de la maire de Bagneux Marie-Hélène Amiable rend hommage à Ilan Halimi, le 13 février 2016.
Bernard Cazeneuve entouré du président du Consistoire central israélite de France Joël Mergui et de la maire de Bagneux Marie-Hélène Amiable rend hommage à Ilan Halimi, le 13 février 2016. - MATTHIEU ALEXANDRE / AFP

C'est là que le jeune homme de 23 ans avait subi un calvaire, séquestré et supplicié trois semaines durant par le «gang des barbares». Des dizaines de personnes ont rendu hommage samedi soir à Ilan Halimi à Bagneux, au sud de Paris, où le jeune juif devenu symbole de la «barbarie antisémite» avait été torturé avant de succomber il y a dix ans jour pour jour, supposé riche car il était de confession juive.

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«Dix ans plus tard, nous continuons à éprouver un remords collectif», a déclaré le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, devant quelque 150 personnes rassemblées dans un auditorium de la ville. «Celui d'avoir hésité à désigner par son nom la haine antisémite».

«Diffusion rampante» de l'antisémitisme, du racisme, du «mépris»

Le drame, a pousuivi le ministre, «annonçait à sa manière une série de gestes assassins»: les tueries de Mohamed Merah en 2012, la fusillade du musée juif de Bruxelles en 2014, le drame de l'Hyper Cacher l'an dernier. Mais aussi «la diffusion rampante» de l'antisémitisme, du racisme, du «mépris» et de la «haine de l'autre». Et, «à sa manière, les attentats» de novembre.

Les soeurs d'Ilan Halimi témoignaient en 2014

Ilan Halimi avait été retrouvé agonisant le 13 février 2006 au bord d'une voie ferrée de l'Essonne, nu, bâillonné, menotté, des traces de torture et de brûlures sur le corps. Il avait succombé dans l'ambulance qui le transportait vers l'hôpital.

«L'après-Ilan Halimi, ça a été la continuation de la barbarie antisémite»

Le combat contre les djhadistes de Daesh, a ajouté Bernard Cazeneuve, est «indissociable» du combat contre racisme et antisémitisme. Le ministre s'était auparavant recueilli dans le parc attenant, devant une stèle à la mémoire du jeune homme.

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Le grand rabbin de France Haïm Korsia et le président du Consistoire central israélite de France, Joël Mergui, étaient présents, ainsi que de nombreux élus. «Malheureusement, l'après-Ilan Halimi, ça a été la continuation de la barbarie antisémite», a lancé Joël Mergui, exhortant ensuite à ce que le jeune homme «ne soit pas mort pour rien». Emue, la maire (PCF) de Bagneux, Marie-Hélène Amiable, a annoncé qu'un parc de la ville, aménagé dans les trois années qui viennent, porterait le nom du jeune homme, avec l'accord de sa mère.

Des musiciens ont joué Vivaldi et Rachmaninov lors de cette cérémonie rythmée par des textes de Paul Eluard, Andrée Chedid - «L'espérance» - et Martin Luther King: «Aujourd'hui, dans la nuit du monde (...) j'affirme avec audace ma foi dans l'avenir de l'humanité». Un hommage est encore prévu dimanche à Paris, devant la boutique de téléphonie du XIe arrondissement où travaillait le jeune homme. Le corps d'Ilan Halimi est inhumé à Jérusalem.

 

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