Mercredi, Dounia Bouzar a vu les appels de la part des familles se multiplier.
Mercredi, Dounia Bouzar a vu les appels de la part des familles se multiplier. - A. Reau / Sipa

«Va-t-on recommencer à relier l'origine ethnique des individus au processus de radicalisation?» En raison du «contexte politique défavorable» créé par le projet de loi sur la déchéance de nationalité, le Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l'islam (CPDSI), cofondé par Dounia Bouzar, a décidé jeudi de ne pas renouveler son marché avec l'Etat.

Le projet sur «la déchéance de nationalité crée un contexte politique défavorable à l'entreprise pédagogique et scientifique pour prévenir la radicalisation», affirme le CPDSI, qui renonce à «l'octroi d'un nouveau budget annuel de 595.300 euros pour une deuxième année» de mandat à compter d'avril. Le ministère de l'Intérieur avait missionné l'association en avril 2015 pour appuyer les cellules antiradicalité des préfectures.

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«Des comportements de rupture et non pas la pratique ou l'apparence religieuse»

A cette époque, l'Etat avait «décidé de construire de prévention à partir des remontées des familles concernées en France (...) et non sur de l'idéologie ou des calculs politiques électoralistes», affirme le CPDSI. «Faire croire aux Français que la déchéance de nationalité sera un symbole pour lutter contre Daesh est une réponse déconnectée de la réalité. Cette posture va plonger la France dans un retard en matière de prévention contre le processus de radicalisation de nos jeunes», estime-t-il.

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Craignant que l'on relie l'origine ethnique des individus au processus de radicalisation, le CPDSI rappelle que «c'est pour lutter contre l'amalgame entre musulmans et radicaux» que le Centre avait conçu des indicateurs de radicalisation reposant sur «des comportements de rupture et non pas sur la pratique ou l'apparence religieuse». L'organisation de Dounia Bouzar affirme qu'elle continuera «ses recherches avec les familles au sein des réalités de terrain» et construire une école de déradicalisation».

Depuis son lancement fin avril 2014, le numéro vert d'assistance aux familles a reçu plus de 4.300 «signalements pertinents» de jeunes dont le comportement inquiète. Quelque 1.500 jeunes sont «suivis en prévention» et 600 familles accompagnées par des structures associatives, selon des données publiées début janvier.

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