La façade du Bataclan à Paris, le 22 décembre 2015
La façade du Bataclan à Paris, le 22 décembre 2015 - FRANCOIS GUILLOT AFP

Une conséquence inattendue du drame. Une compagnie a refusé d'assurer le prêt d'une femme qui se trouvait au Bataclan lors des attentats du 13 novembre, à cause du « stress post-traumatique » dont elle pourrait souffrir, rapporte le Magazine de la santé sur France 5.

Au moment des attentats de Paris, Laurence se trouvait dans la salle de concerts, où 90 personnes ont été tuées par les terroristes qui y ont fait irruption. Par miracle, elle peut sortir à temps, sans être blessée. Et entreprend un suivi, pour prévenir de possibles conséquences à long terme du traumatisme vécu ce soir-là :

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« J’ai été très choquée comme beaucoup de personnes par ce qui s’est passé et j’ai commencé à voir une psychologue spécialisée en traitement des traumas quelques jours après parce que je me rendais compte de l’ampleur de ce qu’on avait vécu et du choc que cela pouvait représenter ».

« Vous avez l’impression qu’on vous refuse la maîtrise de votre vie »

Laurence, qui avait obtenu un prêt immobilier avant le 13 novembre pour l’achat d’un appartement, reprend les démarches après les attentats. Il ne lui manque qu’une assurance emprunteur. Dans le formulaire de demande, elle joue l’honnêteté et précise : « Stress post-traumatique suite présence au Bataclan le 13/11 lors de l’attentat (suivi psychologue spécialisée) ».

« Je m’attendais à une visite médicale ou à un bilan psychologique », mais « rien de tout cela n’est arrivé ». A la place, Laurence reçoit une lettre de l’assureur qui motive son refus par "l’état de stress post-traumatique que vous avez connu, suite aux attentats de Paris". Un refus qui n’est pas illégal, explique un avocat interrogé par l’émission, car rien ne peut contraindre une compagnie à assurer quelqu’un.

L’état de stress post-traumatique « peut durer plusieurs mois. Dans 80 % des cas, le problème est résolu dans l’année avec une prise en charge adaptée », explique le psychiatre Florian Ferreri au Journal de la santé. Laurence, qui avait tout fait pour prévenir des séquelles à long terme, est dépitée : « Vous avez l’impression qu’on vous refuse la maîtrise de votre vie, la maîtrise de vos projets, et qu’on vous renvoie sans arrêt » à votre statut de « victime du Bataclan. C’est comme si on vous disait : "vous ne pourrez jamais vous en remettre" ». La veille de la diffusion de l’émission, l’assureur aurait contacté Laurence pour une « renégociation », qu’elle hésite à accepter.

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