Illustration d'un policier.
Illustration d'un policier. - NICOLAS MESSYASZ/SIPA

« Ce n’est pas moi ». Voilà en substance ce qu’affirme le lycéen de 18 ans interpellé lundi près de Dijon. Ce jeune homme féru d’informatique s’est désolidarisé devant les enquêteurs des appels anonymes menaçants à des lycées parisiens et nie jusqu’à présent son implication.

Sa garde à vue peut se poursuivre jusqu’à mercredi matin. Il pourrait alors être présenté à un juge d’instruction ou être relâché sans poursuites. Selon une source proche de l’enquête, les investigations techniques menées par l’Office central de lutte contre la cybercriminalité (OCLCTIC) de la PJ, sont parties d’un tweet revendiquant ces appels, envoyés par un expéditeur, nommé « Evacuation Squad », pseudo qui cacherait en fait un groupe de « hackers ».

«Cest un lien très ténu»

Ce tweet a permis de remonter à l’adresse IP [numéro d’identification de la connexion internet] de ce jeune homme, selon des sources proches de l’enquête. Très doué en informatique, se présentant comme un sympathisant d’Anonymous, celui-ci aurait créé un serveur permettant d’anonymiser les envois et de brouiller les pistes, susceptible d’être utilisé par des hackers.

Mais il « ne cautionne pas les alertes à la bombe », infondées, qui se sont multipliées contre des lycées parisiens, selon une des sources. « Le suspect dit ne pas comprendre pourquoi il est en garde à vue et nie toute implication. Il refuse de collaborer avec les services techniques de police concernant l’exploitation de son matériel informatique », a expliqué une source policière.

Selon une autre source proche du dossier, il aurait été prévenu, par un moyen qu’il n’avait pas divulgué en début de soirée, que son serveur avait pu être utilisé pour revendiquer ces appels. « Tout ce qu’ils ont sur mon fils, c’est son adresse IP donc c’est un lien très ténu et ça ne veut pas dire grand-chose », a déclaré le père du jeune homme.

>>A lire également : «Mon fils n'est pas un nuisible» affirme le père du gardé à vue

Selon lui, cet élève de Terminale est en relation avec « des centaines » de personnes dans le monde et n’est « pas du genre à s’attaquer à des lycées avec des alertes à la bombe ».

« Ce n’est pas un hacker, un hacker vient pour casser ou pirater, lui c’est un joueur expérimental qui entre dans un système, met un drapeau pour montrer qu’il était là comme un astronaute met un drapeau sur la Lune et il s’en va », a expliqué son père. Il a décrit son fils comme « un virtuose de l’informatique ».

Scénario similaire au Royaume-Uni

Les appels contre des établissements scolaires se sont multipliés ces dernières semaines dans un contexte de menace terroriste très élevée, après les attentats du 13 novembre. Lundi 1er février et pour la troisième fois en quelques jours, des lycées et collèges français avaient reçu des menaces anonymes par téléphone, entraînant la mise à l’abri des élèves, voire leur évacuation.

D’autres établissements en province avaient également reçu des messages menaçants. A chaque fois, la police n’avait rien trouvé et les lycées avaient repris leur fonctionnement habituel. Un scénario similaire s’était produit la semaine dernière au Royaume-Uni. Mais l’enquête française ne porte pas sur ces faits.

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