Wagons enchevêtrés le 12 juillet 2013 à Bretigny-sur-Orge
Wagons enchevêtrés le 12 juillet 2013 à Bretigny-sur-Orge - - AFP

Retarder les ennuis le plus possible. La SNCF a traîné des pieds pour remettre certaines pièces demandées dans le cadre de l’enquête sur la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge (Essonne), qui avait fait sept morts en 2013, selon Le Figaro qui dit avoir consulté le dossier d’instruction.

L’entreprise publique « a tout fait pour ne pas communiquer aux enquêteurs des pièces indispensables à la manifestation de la vérité », affirme le quotidien sur son site internet dimanche.

« Si elle a fait preuve de zèle pour leur fournir des brassées de documents inintéressants, elle a usé du même zèle pour ne pas leur délivrer des textes fondamentaux comme les rapports des brigades chargées de l’inspection des voies - "une mine d’or" d’informations, de l’aveu même des cadres du service juridique de l’entreprise », ajoute Le Figaro.

Le Canard Enchaîné avait déjà fait des révélations

Ainsi, selon une écoute téléphonique autorisée dans le cadre de l’enquête judiciaire, une juriste de la SNCF a recommandé à un agent s’apprêtant à témoigner devant les enquêteurs de « ne rien apporter ». « Il ne faut pas être pro-actif avec eux, il faut véritablement attendre leurs demandes », a-t-elle déclaré.

Autre exemple : un dirigeant de proximité (DPX) en charge du secteur de Brétigny a affirmé que son ordinateur professionnel avait été volé alors même que « l’ordinateur sera retrouvé par les policiers dans "un petit local" d’une dizaine de mètres carrés, à quelques centaines de mètres au sud de la gare de Brétigny », relève Le Figaro. L’appareil avait été expurgé d’une partie de son contenu.

Ces informations s’ajoutent à des révélations récentes du Canard Enchaîné selon qui la SNCF aurait briefé ses employés avant leur audition par la justice.

La direction nie toute manipulation de l’enquête

Le PDG de SNCF Réseau, Jacques Rapoport, a assuré dans une interview au Monde publiée samedi que l’entreprise publique n’avait « absolument pas » voulu manipuler l’enquête sur la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, et n’avait « jamais demandé à quiconque de dissimuler des informations ».

Selon plusieurs rapports d’expertise, un défaut de maintenance est à l’origine de l’accident.

Depuis l’ouverture d’une information judiciaire par le parquet d’Evry, seules deux personnes morales ont été mises en examen, la SNCF et Réseau ferré de France (RFF), toutes deux mises en cause pour homicides et blessures involontaires.

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