Le général Christian Piquemal (d) s'adresse aux partisans du mouvement Pegida, lors d'un rassemblement anti-migrants, le 6 février 2016 à Calais
Le général Christian Piquemal (d) s'adresse aux partisans du mouvement Pegida, lors d'un rassemblement anti-migrants, le 6 février 2016 à Calais - PHILIPPE HUGUEN AFP

Ce lundi, cinq personnes passeront en comparution immédiate au tribunal de Boulogne-sur-Mer après leur interpellation samedi à Calais lors d’un rassemblement hostile aux migrants. Parmi elles se trouve un général ancien patron de la légion étrangère, Christian Piquemal, 75 ans, désigné comme ayant eu « le rôle principal » dans cette manifestation interdite.

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Il sera poursuivi pour « participation à un attroupement qui ne s’est pas dissout après sommation » et les quatre autres personnes pour « port illégal d’armes ». Ils risquent une peine allant jusqu’à un an de prison ferme.

L’extrême droite soutient le général

« On sait bien que la manifestation a été interdite et que l’autorité de l’Etat a été défiée. Le général, il n’est pas venu à Calais pour faire de la figuration », a affirmé à l’AFP le procureur de Boulogne-sur-Mer, Jean-Pierre Valensi.

Les quatre autres individus avaient été contrôlés en amont de la manifestation et portaient sur elles « des armes dangereuses » de type taser, poing américain et cutter. « Ceux-là, même s’ils n’ont pas participé à la manifestation, puisqu’ils ont été contrôlés avant, ils étaient là pour en découdre : on ne vient pas à une manifestation interdite avec des armes si on n’a pas l’intention d’en découdre », a expliqué cette même source.

Samedi soir, de nombreuses réactions à l’arrestation du militaire, ancien commandant de la Légion étrangère de 1994 à 1999, et qui n’est plus en service actif, venues de l’extrême droite agitaient les réseaux sociaux.

Vingt interpellations

La manifestation de samedi à l’initiative du mouvement islamophobe Pegida, qui avait été interdite par les autorités, a été marqué par des échauffourées entre les forces de l’ordre et des manifestants, qui ont scandé des slogans tels que « on est chez nous ! », « Etat dictateur », « migrants dehors » ou « journalistes collabos ». Il y a eu plusieurs appels des autorités pour demander la dispersion du rassemblement, puis des charges des gendarmes ainsi que des tirs de gaz lacrymogènes. Vingt interpellations ont eu lieu.

Le Mouvement des Progressistes a demandé dimanche que toutes manifestations futures de Pegida en France soient « à l’avenir purement et simplement interdites ».

« L’extrémisme et la haine doivent être contenus et ne doivent pas venir étouffer nos valeurs républicaines fondamentales », a indiqué dans un communiqué le mouvement initié par l’ancien secrétaire général du PCF Robert Hue.

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