Isère: 5 ans de prison avec sursis pour une femme battue qui a tué son mari

MALTRAITANCE Elle ressort libre de son procès qui se tenait depuis jeudi à Grenoble...

20 Minutes avec AFP

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Le palais de Justice de Grenoble, le 5 février 2016

Le palais de Justice de Grenoble, le 5 février 2016 — XAVIER VILA/SIPA

Quelques jours après la grâce partielle accordée à Jacqueline Sauvage, Bernadette Dimet, 60 ans, a été condamnée vendredi à cinq ans de prison avec sursis pour avoir tué son mari avec un fusil de chasse après des années de violences conjugales et ressortira libre de son procès qui se tenait depuis jeudi à Grenoble.

Accusée initialement d'assassinat, elle a été condamnée finalement pour des faits de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Les jurés ont écarté la préméditation mais aussi l'intention de tuer, alors que l'avocate générale avait requis huit ans de prison.

«Soulagée mais fatiguée»

Au prononcé du verdict, les quatre soeurs de Bernadette Dimet, qui se tenaient par la main, ont lâché un «Ah! Merci!» de soulagement. L'accusée, sortie entourée de deux de ses soeurs, s'est dite «soulagée mais fatiguée».

«C'est une décision qui me paraît humaine, une peine qui a un sens. Ce n'est pas un miracle judiciaire ni une erreur judiciaire», a réagi son avocat Me Frédéric Doyez, réfutant l'expression de «permis de tuer». Me Flore Abadie, avocate des deux fils de Bernadette Dimet, qui s'étaient portés parties civiles, a estimé que l'affaire Jacqueline Sauvage avait «forcément» eu un impact sur le verdict. «On a tous cette affaire en tête. On a eu une clémence: tant mieux pour cette famille», a-t-elle commenté.

Deux cartouches avec un fusil de chasse

Dans son réquisitoire, l'avocate générale avait pourtant demandé à la cour de «laisser de côté» l'affaire Jacqueline Sauvage, graciée partiellement par François Hollande dimanche, après avoir été condamné à 10 ans de réclusion pour le meurtre de son mari violent.

«Chaque histoire humaine est particulière (...) Aucune affaire criminelle ne ressemble à aucune autre», avait-elle insisté. Mais les jurés ont finalement décidé d'écarter la préméditation, ainsi que l'intention de tuer et ils l'ont condamnée pour des faits de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Après des années de violences conjugales, Bernadette Dimet avait tué son mari, Bernard Bert, 62 ans, le 2 janvier 2012 dans une clairière de Parmilieu (Isère). Elle avait tiré deux cartouches avec un fusil de chasse, dont l'une l'avait touché mortellement.

«Une bonne à rien, une merde»

Mariée à 16 ans, mère de deux fils, elle a raconté, la gorge nouée, comment son mari la considérait comme «une bonne à rien, une merde», la tirait par les cheveux pour lui imposer des rapports sexuels, la menaçait avec un fusil et avait essayé de l'écraser alors qu'elle se rendait à son travail en scooter.

Décrit comme irascible, Bernard Bert avait violé une soeur de sa compagne et tenté d'en violer une autre, alors qu'elle n'avait que 15 ans. De ce viol est né un enfant, lourd secret de famille qui a «bousillé notre vie», avait lâché un fils de l'accusé jeudi à la barre.