Des élèves de collège durant une dictée.
Des élèves de collège durant une dictée. - NIKO / SIPA

Depuis l’annonce mercredi soir sur TF1, de la mise en place d’une nouvelle réforme orthographique en septembre prochain, on assiste à une levée de boucliers pour protéger l’accent circonflexe et l’orthographe du mot « oignon ». Mais que dit véritablement le texte, qui n’a qu’une valeur de préconisation mais qui n’est, en rien, obligatoire, publié le 6 décembre 1990 par le Conseil supérieur de la langue française et remis au goût du jour, 26 ans plus tard ? 20 Minutes vous explique tout en trois points.

Non, l’accent circonflexe ne va pas disparaître (ou disparaitre ?)

En introduction du document publié par le Journal Officiel, Maurice Druon, Secrétaire perpétuel de l’Académie française et auteur de la célèbre saga des Rois Maudits écrivait : « Il est apparu au Conseil supérieur qu’il convenait de conserver l’accent circonflexe sur la lettre a, e et o, mais qu’il ne serait plus obligatoire sur les lettres i et u, sauf dans les quelques cas où il est utile : la terminaison verbale du passé simple et du subjonctif imparfait et plus-que-parfait, et dans quelques cas d’homographie comme jeûne, mûr et sûr ». Dans ses préconisations, le CSLF revient sur l’histoire chaotique de cet accent et sur l’absence de cohérence dans certains de ses usages.

 

« Nénuphar » est le fruit d’une erreur

Dans ses recommandations, le CSLF préconise le retour à l’orthographe « nénufar » plutôt que l’actuel « nénuphar ». Un retour puisqu’en réalité cette orthographe est le résultat d’une erreur humaine datée de 1935.

Sur son blog, le réseau pour la nouvelle orthographe du français (RENOUVO) explique : « On a depuis toujours écrit nénufar, ce n’est qu’en 1935 qu’une erreur a été enregistrée dans le Dictionnaire de l’Académie française. On a cru à tort que ce mot était d’origine grecque et on a alors écrit nénuphar. Les rectifications viennent réparer cette erreur humaine de 1935. Par respect de son étymologie, on redonne aujourd’hui à nénufar la graphie qu’il avait en 1900, en 1800, en 1700… C’est le seul mot en français dont le ph a été rectifié récemment. Aucun autre ph n’a été touché ».

Le triomphe de la logique

Comment expliquer à quelqu’un qui tente d’apprendre la langue française que le mot « bonhomie » s’écrit avec un seul « m » alors que « bonhomme » s’écrit avec deux ? Que « boursoufler » s’écrit avec un « f » quand souffler s’écrit avec deux ? Il ne s’agit pas d’une volonté de niveler la langue française par le bas, d’autant que ces recommandations ont été établies par des auteurs, des académiciens, des amoureux de la linguistique, mais plutôt de rectifier, d’harmoniser notre vocabulaire et ses usages.

Maurice Druon l’a d’ailleurs rappelé dans son (très beau) préambule : « Il a été entendu que les améliorations seraient fondées sur le souci d’utilité et que les travaux porteraient en premier lieu sur les points qui aujourd’hui posent le plus de problèmes, non seulement aux enfants mais aussi aux adultes, écrivains compris. Ce qui est proposé a pour objectif de mettre fin à des hésitations, à des incohérences impossibles à enseigner de façon méthodique ».

L’académicien rappelle également qu’il n’y a rien d’obligatoire, et qu’il n’est pas demandé à des générations de « désapprendre » ce qu’ils ont appris, mais simplement de continuer à faire vivre notre langue.

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