Les policiers du Raid à Saint-Denis, le 18 novembre 2015
Les policiers du Raid à Saint-Denis, le 18 novembre 2015 - Jerome GROISARD/AP/SIPA

La polémique sur l’intervention du Raid à Saint-Denis ne semble pas près de s’éteindre. Alors que l’on savait déjà que ni Abdelhamid Abaaoud, le coordinateur des attentats de Paris, ni sa cousine, n’avaient été touchés par des balles lors de l’assaut lancé le 18 novembre dernier sur l’appartement où ils étaient retranchés, Mediapart révèle dimanche que les terroristes n’auraient tiré que 11 coups de feu en tout, ce qui contredit de nouveau la version officielle selon laquelle les forces de l’ordre avaient « essuyé le feu de nombreuses heures ».

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11 munitions contre 1.500

18 novembre. Quelques jours après les attentats qui ont fait 130 morts à Paris, le Raid donne l’assaut sur l’appartement où sont cachés Abdelhamid Abaaoud, sa cousine Hasna Ait Bouhlacen et un membre du « commando des terrasses », Chakib Akrouh. L’intervention dure des heures et plusieurs jours seront nécessaires pour analyser la scène de l’assaut, à cause des dégâts dans l’immeuble qui menace de s’effondrer.

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S’appuyant sur des procès-verbaux et un rapport des services de renseignement, Mediapart affirme que 1.500 tirs ont été attribués aux hommes du Raid, contre 11 seulement aux terroristes. Jean-Michel Fauvergue, le patron de l’unité d’élite, avait lui évoqué outre les échanges de tirs, l’usage par les terroristes de « grenades offensives » et de « kalashnikov ». Seul un pistolet automatique de calibre 9mm a été retrouvé.

« Tirs amis »

Selon Mediapart, l’essentiel des tirs essuyés par le Raid viendrait en fait… du Raid lui-même. Comme en attestent les boucliers utilisés lors de l’assaut, livrés à contrecœur par l’unité d’élite de la police nationale, qui les auraient même « limés » avant. « Les gars à l’arrière des colonnes d’assaut et les snipers ont tiré devant eux, ils ont touché les boucliers », témoigne cependant un gradé. Subsistent aussi « au moins 40 impacts » sur « les faces arrières » du matériel, tirés par les propres collègues des policiers.

Les voisins blessés par balles

Au final, les autopsies révèlent que Chakib Akrouh et Abdelhamid Abaaoud sont morts par « l’effet de blast » provoqué par la ceinture d’explosifs activée par le premier, tandis que Hasna Ait Bouhlacen a été asphyxiée. Ils n’ont donc reçu aucune balle, contrairement à d’autres habitants de l’immeuble, dont certains, sans-papiers, racontent que des policiers leur ont dit d’aller se placer devant les fenêtres, où ils se sont fait tirer dessus par les forces de l’ordre, d'après le site d'information.

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Le sort de la chienne Diesel

Enfin, ces nouveaux éléments remettent en question la façon dont est tombée Diesel, la chienne policière du Raid dont la mort avait ému les internautes du monde entier. Selon le récit officiel, elle aurait reçu un coup de fusil… une arme que n’avaient apparemment pas les terroristes. L’animal aurait pu, lui aussi, succomber aux « tirs amis », suggère le récit de Mediapart.

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