Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Paris, le 23 janvier 2016, pour défendre Jacqueline Sauvage.
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Paris, le 23 janvier 2016, pour défendre Jacqueline Sauvage. - SEVGI/SIPA

Touchée par la grâce. François Hollande a accordé à Jacqueline Sauvage, condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent, une « remise gracieuse de sa peine d’emprisonnement » qui lui « permet de présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle », a annoncé l’Elysée dimanche dans un communiqué.

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« Le président de la République a voulu, face à une situation humaine exceptionnelle, rendre possible, dans les meilleurs délais, le retour de Mme Sauvage auprès de sa famille », a déclaré la présidence, précisant que la remise de peine « de 2 ans et 4 mois » portait aussi sur « l’ensemble de la période de sûreté qu’il lui reste à accomplir ».

Réflexion du chef de l’Etat

Le chef de l’Etat avait reçu vendredi à l’Elysée les trois filles de Jacqueline Sauvage, 68 ans, ainsi que leurs avocates. « Il les avait écoutées longuement et avait décidé de se laisser le temps de la réflexion, en fait le week-end. Il a consulté le garde des Sceaux (Jean-Jacques Urvoas) et a échangé avec le Premier ministre (Manuel Valls). Il a à nouveau reçu ce dimanche à 18 h les avocates de Jacqueline Sauvage pour leur annoncer sa décision », a déclaré à l’AFP l’entourage du président. « Il a voulu prendre en compte la situation exceptionnelle de Jacqueline Sauvage, mais dans le respect de l’autorité judiciaire », a-t-on souligné.

Le 3 décembre, la cour d’assises du Loir-et-Cher avait confirmé en appel la condamnation à 10 ans de réclusion de la mère de famille, reconnue coupable d’avoir tué son mari de trois coups de fusil dans le dos en 2012, après 47 ans d’enfer conjugal.

Le fruit d’une mobilisation croissante

Le cas de Jacqueline Sauvage a suscité une mobilisation croissante. Ses filles ont adressé au président de la République une demande de grâce, appuyée par de nombreux parlementaires, dont Valérie Boyer (Les Républicains), et personnalités. Un comité de soutien s’est constitué, réunissant notamment la maire PS de Paris Anne Hidalgo, l’écologiste Daniel Cohn-Bendit et le porte-voix du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon.

L’article 17 de la Constitution autorise le président de la République à exercer le droit de grâce (uniquement à titre individuel depuis 2008). Mais l’entourage de M. Hollande avait rappelé récemment qu’il n’était, par principe, pas favorable à la grâce présidentielle. Il ne l’a d’ailleurs exercée qu’une seule fois, en permettant la libération conditionnelle, en janvier 2014, du plus ancien détenu de France, Philippe El Shennawy, sans éteindre sa peine.

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