Illustration: chirurgie esthétique en juin 2012 à Paris.
Illustration: chirurgie esthétique en juin 2012 à Paris. - DURAND FLORENCE/SIPA

La chirurgie esthétique n’a jamais autant séduit. Ce week-end, un congrès international réunissant plus de 500 professionnels du milieu a attiré 6.500 visiteurs, à Paris. A l’échelle mondiale, ce ne sont pas moins de 20 millions d’interventions esthétiques – chirurgicales ou non - qui ont été pratiquées en 2014, selon une étude de l’International society of aesthetic surgery (ISAPS), parue en 2015. Et si les Etats-Unis continuent d’occuper la place de leader, la France est en 7e position, avec un total de 416.148 actes de médecine esthétique, soit une augmentation de 2,1 % en un an

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Des hommes de plus en plus nombreux à avoir recours à la médecine esthétique

Des chiffres qui prouvent que le tabou autour de la chirurgie esthétique n’est plus d’actualité. « On commence tôt, et de plus en plus, à vouloir se garder en forme. L’intérêt est croissant, quel que soit le niveau socio-économique», explique le chirurgien plasticien Bernard Mole, l’un des organisateurs du congrès international de l’IMCAS. Un engouement traduisible directement en chiffre d'affaires : avec une croissance de 8,5 % l’an passé, le marché mondial de la chirurgie esthétique pèse désormais 7,5 milliards d’euros, d’après Francetvinfo.

« En France, les gens ne veulent pas que cela se voit, que cela se sache. Ce n’est pas un tabou, mais on n’a pas envie d’en parler. Il ne faut pas avoir l’air trafiqué », poursuit le chirurgien. En 2014, un Français sur dix confiait avoir eu recours à un petit coup de pouce médical pour améliorer son apparence physique, d’après un sondage YouGov réalisé pour 20 Minutes. Même les hommes cèdent aujourd’hui à la tendance: « Ils consultent essentiellement pour des injections de botox, des implantions capillaires, mais surtout, pour la chirurgie des paupières », rapporte Bernard Mole, dont 10 % de la clientèle est masculine.

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Les interventions anti-âge très prisées

Surtout, « la tendance est d’être efficace tout en étant le moins invasif possible », développe Bernard Mole. Restaurer la peau, la raffermir, mais sans passer pour autant par la case bistouri : « Tout ce qui est injectable marche beaucoup ». En Europe, les techniques réversibles permettant de lutter contre les signes de vieillissement ont le vent en poupe, toxine botulique et acide hyaluronique en tête.

Autre pratique « qui explose depuis cinq, six ans », le lipofilling. Elle consiste à prélever la graisse d'une personne pour l’injecter à un autre endroit: sur le visage (cernes, menton, etc.), mais aussi au niveau de la poitrine. Un procédé « très prometteur » pour Marc Abécassis, plasticien spécialiste de la chirurgie de l'intime.

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Le développement de la chirurgie de l’intime

Depuis plusieurs années, certains patients souhaitent aussi se faire refaire les organes sexuels. Marc Abécassis pratique aussi bien des allongements et épaississements du pénis que des nymphoplasties (réductions des petites lèvres) ou des reconstructions d’hymen. « La restauration génitale, déjà répandue aux Etats-Unis et au Moyen-Orient, commence à prendre en France », assure Bernard Mole. 

« Il y a une augmentation constante de ces actes », abonde le Dr Abécassis. Dernière tendance, l'augmentation... des testicules. Mais non réductible au caprice esthétique, la chirurgie de l'intime est avant tout réparatrice, insiste le spécialiste. « Dès qu’il y a complexe, inhibition, problème à vivre normalement, on ne peut plus parler de chirurgie esthétique ».

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